Errant

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Errant

Message par Revak Arahn le Mer 1 Sep - 22:13

Sous ce titre plutôt simple, je vais narrer l'histoire officielle de Revak, le fils d'Arahn.
Bon, je vais juste poster le prologue pour l'instant, voir si j'écris pas pour rien, mais sachez que l'histoire est déjà un peu avancée et que j'ai des idées dans la tête. Alors...
Bah je vais pas faire attendre plus longtemps, voici, amis lecteurs, le début de mon histoire...


Prologue




Il fallut des semaines à la troupe pour atteindre leur destination: un petit village perdu au milieu des montagnes. À ses devants, Garn, leur chef pour cette mission, ruminait de sombres pensées.
-Une urgence, avait dit son supérieur, alors qu'il était encore au quartier général, ces bêtes sauvages terrorisent les villageois, puis ça vous fera dégourdir les jambes, après tous ces jours de repos!
Il l'avait ensuite congédié, ignorant toutes ses réclamations.
Jurant dans sa barbe de trois jours, Garn fit faire une pause à son groupe, une vingtaine de soldats de la milice.
Garn n'aimait pas sa profession. en ces heures de paix, le devoir de la milice consistait à patrouiller sur les routes et villages, ces derniers ayant eu la manie de les appeler au moindre «signe» étrange. Le devoir de Garn était donc de marcher sans arrêt sur toute la moitié nord du Jeldarii. La milice ayant oublié toute idée de menace ou de discipline, presque tous les soldats étaient venus avec, pour seul signe de leur profession, leur épée, oubliant armure et bouclier, si on exceptait Garn qui portait un haubert et un autre milicien, qui était couvert de son armure.
-Si j'avais su qu'il faudrait marcher autant, j'aurais évité d'amener mon uniforme complet! maugréa l'un d'eux à côté de lui.
Garn approuva d'un signe de tête en voyant celui -ci souffler comme un buffle.
-Je t'avais pourtant prévenu que la route serait longue...
-...Mais pas qu'on traverserait des chemins boueux, des forêts, des collines, des montagnes et j'en passe! Ce n'est pas pratique de traverser une rivière avec des bottes en métal. Et surtout j'ai cette...
-Arrête de te plaindre, Liéneo, il ne nous reste seulement que deux heures de marche avant d'atteindre le village, rétorqua Danea, l'une des seules femmes du groupe.
- «Seulement»? Oh, tu me rassures...
Et ils poursuivirent leur route sous les remarques cyniques et les jurons répétés du guerrier en armure, Liéneo.
Ils arrivèrent alors que le soleil se couchait, et furent accueillis par plusieurs dizaines de villageois armés de fourches, de pelles et de couteaux.
-Quel accueil... est -ce si grave que cela? demanda discrètement Danea à Garn.
-On m'a parlé de bêtes sauvages, rien de plus... répondit -il.
Alors qu'il fut bien évident pour les villageois qu'il s'agissait de l'aide qu'ils avaient demandé, ceux -ci s'éparpillèrent petit à petit, et retournèrent à leurs occupations.
-Est -ce là l'accueil que vous offrez à vos protecteurs? dit Garn devant celui qui semblait être le chef du village.
-Les démons nous menacent! Six de nos gars sont morts à cause de cette créature, et nous serons les suivants si vous faites rien!
-Les... démons? répéta la femme du groupe, incrédule.
Les soldats se regardèrent entre eux, certains inquiets, d'autres pliés de rire.
-Oui, m'dame! répondit un vieil homme, des démons, avec des yeux sombres comme les Enfers d'où il viennent! Mais j'pensais qu'on nous prendrait au sérieux, pour une fois!
-Très bien. Merci de nous avoir prévenu, dit Garn afin de couper court aux rires de ses compagnons. Venez, dit -il au groupe en faisant un signe de la main.
Ils se regroupèrent autour de leur chef.
-Il ne doit s'agir que d'un groupe de bandits, même si ça m'étonne qu'ils travaillent par ici...
Il réfléchit quelques secondes et ajouta:
-Pour une fois qu'il y a un peu d'action, on ne va pas s'en priver, hein? On partira demain à leur recherche, ils ne doivent pas être loin.
-Et si ce qu'ils racontent était vrai? rétorqua Liéneo, qui enlevait son heaume. Après tout, nous sommes proches de la frontière, et si ce sont vraiment des Valkreds, selon les histoires, ils sont aussi grands que deux hommes et sont bâtis tout en muscle, avec des crocs acérés... Et on ne sait même pas combien ils sont!
Il ne s'empêcher un frisson en évoquant ces créatures monstrueuses pratiquant la magie noire.
-Ne t'inquiète pas, ce ne peut être que des bandits, ou, au pire, des animaux sauvages. Et d'ailleurs, il ne faut jamais se fier aux histoires, elles sont souvent exagérées...
-Z'avez l'air sûrs de vous, dit une voix non loin d'eux.
C'était un des habitants du village, un homme dans la fleur de l'âge, avec un arc et un carquois dans le dos.
-Allons, si ça se trouve ce ne sont peut -être même pas des démons... répondit Liéneo tout en enlevant son haubert.
-Ça s'voit que vous nous prenez pas au sérieux. J'ai réussi à fuir ces monstres, mais je suis revenu après pour voir ce qu'il restait des morts, et ce n'était pas très beau à voir: si vous aviez vu les cadavres en décomposition, à moitié rongés par...
-Ça suffit, coupa Garn. Nous irons tuer les coupables, un point c'est tout.
-Ou pas, répondit le villageois en haussant les épaules. Quoi qu'il en soit, on m'a choisi pour vous guider là où a eu lieu le carnage.
Il partit en laissant la troupe dans un lourd silence.
-Ah! Enfin libre! dit Liéneo quand il enleva ses bottes en fer qui commençaient déjà à rouiller. Je me sens déjà plus léger!
-Alors, que faisons nous? demanda la milicienne.
-Je pense que c'est évident: nous partons à leur recherche dès demain, nous les tuons, et nous amenons une preuve de nos exploits au quartier général, répondit Garn, en posant ses affaire par terre.
-A nous la gloire... dit Liéneo, non sans ironie.


Ils se levèrent avant le soleil, et, le temps de prendre un repas léger, partirent aussitôt dans la forêt, guidé par le villageois qui avait survécu aux démons. Ils arrivèrent au lieu du carnage. Il restait peu de choses des six hommes: quelques os éparpillés par les animaux de la forêt jonchaient le sol. «Ils ne sont même pas allé récupérer leurs cadavres, tant ils avaient peur d'y retourner...» comprit Garn avec dégoût.
-Là, une trace! cria Liéneo, en s'accroupissant. Il y a même encore du sang!
En effet, sur la terre, des traces sombres se formaient. Lorsque Liéneo voulut toucher ces marques, il retira vivement sa main, et, la regardant, constata avec étonnement qu'il avait reçu une brûlure.
-Ce sang n'est pas celui d'une créature ordinaire, mais, au moins, c'est gravement blessé vu la quantité de sang perdu.
Ils suivirent la piste pendant quelques heures, jusqu'à ce qu'ils fassent une pause dans une petite clairière près d'un ruisseau.
-Je pense que ça ne sert à rien de chercher, se plaint Liéneo, après tout, nous suivons la trace que d'une seule créature, je n'ai vu des traces de pas que pour une personne...
-Nous n'arrêterons pas les recherches avant de l'avoir trouvé, alors: s'il est seul, ou même mort, c'est encore mieux, nous pourrons dire que nous les avons tous tués, sans même combattre!
-Comme tu voudras, chef... répondit-il en soupirant.
Ils continuèrent jusqu'en soirée, lorsqu'ils aperçurent un homme, assis par terre, la tête baissée. Du sang séché maculait son corps et le sol autour de lui.
-Pour un créature démoniaque, il n'a pas l'air bien en forme, remarqua Liéneo. Et c'est lui qui a tué six hommes à mains nues?
En effet, l'homme n'avait pas fière allure: il portait des vêtements déchirés, et le sang tout autour de lui laissait suggérer qu'il était proche de la mort, mais il était loin d'être la créature massive que s'imaginait la troupe. Une dague étrange gravée d'une écriture étrange était posée à côté de lui. Mais le plus étrange restait sa peau d'une couleur étonnement mâte et dont de très nombreuses cicatrices criblaient son corps meurtri.
-Comment a t -il pu aller aussi loin avec des blessures pareilles? dit la femme du groupe, une pointe de pitié dans la voix.
Sans doute à cause des bruits de pas, l'homme se réveilla et leva la tête. Les soldats s'arrêtèrent brusquement, regardant avec effroi ses yeux à présent ouverts, entièrement noirs. Il se leva, et prit l'arme.
-Halte -là! cria Garn lorsqu'il sortit de sa torpeur.
La créature ne l'écouta pas et courut dans les arbres. La vitesse à laquelle il courrait les surprit, mais le villageois qui les avait guidé avait armé son arc et s'apprêtait à tirer. La flèche ne toucha pas sa cible, de peu, mais le démon se retourna et regarda son assaillant d'un regard glacial et sévère, de ses yeux entièrement noirs, qui figea toute la compagnie, l'empêchant de réagir immédiatement.
Puis il s'enfuit, dans les ténèbres grandissantes de la nuit tombante. La troupe ne prit pas la peine de le poursuivre, tant il courrait vite.
-Il n'était pas blessé, ou en tous cas il ne l'est plus... dit Garn en s'approchant du lieu où était assis le démon. Il vit un nombre impressionnant d'insectes morts tout autour de la flaque de sang.
-Devrons -nous le traquer? demanda Liéneo, en rangeant son épée.
-Faisons le camp ici, mais demain, nous repartirons à sa recherche. Il ne s'en tirera pas comme ça.

PS: Il se peut que l'histoire ne soit pas à jour (copié depuis mon forum-bibliothèque) et/ou qu'il manque des phrases en italique ou des trucs du genre...

Version modifiée du 29/04/2011


Dernière édition par Revak Arahn le Ven 2 Sep - 22:26, édité 7 fois

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Re: Errant

Message par Revak Arahn le Mar 7 Sep - 21:23

Déjà presque une semaine... Le temps passe vite avec la rentrée...
M'fin bref, je mets ce petit up double-post pour poster mon premier chapitre, la suite donc -_-...
En cours, m'ennuyant, j'ai feuilleté mon agenda qui contenait des phrases spéciales, et l'une de... Frédéric Beigbeder (tiens, un écrivain français assez connu en plus) qui a dit, un jour:

"Les cons aiment être flattés, les intelligents aiment être critiqués"

Bon, ça peut paraître arrogant de ma part, mais bon, si vous pouviez faire une critique sur vraiment tout ce que vous reprochez à cette espèce de roman, ça m'aiderait (cette phrase m'a aussi beaucoup fait penser à moi lorsque j'ai débuté le making Ni! ) ... m'enfin, c'est vrai qu'en deux textes y'a pas grand-chose, mais ça devrait augmenter...
M'enfin, tout ça pour dire que cet essai de roman est une de mes priorités.

Bon, je vais arrêter de vous bassiner avec ça et je vais publier le premier chapitre de "Errant"... :


Chapitre I


Éliana Eowel se leva avant le soleil, réveillée et légèrement transie par le froid. De nombreux trous et cailloux, sur la route, faisaient trembler la grande caravane de transport dans laquelle elle avait dormi. Sa mère, à côté d'elle, lui tendait une tasse de thé fumant.
-Bonjour. Bien dormi?
Eliana répondit par un grognement incompréhensible, qui arracha un sourire à sa mère. La fille se redressa et s'assit sur le côté du petit lit sur lequel elle s'était endormie, et prit la tasse en hochant la tête en guise de remerciement.
Elle but un peu, puis regarda sa mère.
-Où sommes-nous maintenant?
-Nous avons parcouru une bonne partie du chemin, lui répondit -elle après avoir longuement baillé. Nous approchons de la Brume. Nous ne devrions plus tarder à arriver à Rimogenn.
L'évocation de cette ville fit soupirer Éliana de soulagement.
-C'est pas trop tôt! Je n'aime pas le froid.
Cela faisait longtemps qu'elle voulait voir cette cité, très connue pour le lac du même nom dont les eaux sont étonnamment et agréablement chaudes en comparaison du froid ambiant et dont la région alentour est, raconte-t-on, constamment couverte d'une étrange brume épaisse.
après avoir bu, elle posa sa tasse sur sa table de nuit, s'étira, et regarda par une petite fenêtre de la grande caravane marchande. Le temps était gris, comme toujours depuis leur arrivée dans le nord du Jeldarii, mais il ne pleuvait pas. Elle se dirigea donc vers l'avant de cette dernière, là où son père dirigeait les chevaux, son habituelle pipe coincée entre ses dents.
-Bonjour, père...
Zythar Eowel se retourna et sourit en voyant sa jeune fille.
-Bonjour, Éliana, bien dormi?
Cette dernière soupira, et Zythar rit de bon coeur.
-Allons, nous ne devrions plus tarder à voir cette satanée ville, comme tu le souhaitais!
Cette phrase égailla Éliana qui était pourtant d'un naturel bougon. Elle retourna dans la caravane et s'assit tranquillement devant un miroir afin de se coiffer, impatiente d'arriver.


Quelques heures plus tard, une brume épaisse fit petit à petit son apparition; ils étaient presque arrivés.
Rimogenn, afin de se faire repérer, possédait un immense phare que n'importe quel voyageur pouvait trouver à travers la Brume, même aussi loin qu'étaient les caravanes marchandes de Zythar. Cependant, l'hiver, la Brume disparaissait, révélant une région de marécages triste et plate.
Ainsi, aucun voyageur ne pouvait se perdre dans les environs de la cité, même s'il ne suivait pas la route. Mais le problème résidait surtout dans les attaques de groupes de hors-la-loi, qui étaient nombreux et profitaient de la discrétion donnée par la brume, d'autant plus que la ville était très fréquentée des hommes riches cherchant à profiter des bains relaxants du lac et des marchands, attirés par la ville comme un prédateur par sa proie.
C'est ainsi que les trois caravanes de la famille Eowel, une riche famille marchande, suivaient la route vers la cité, accompagnés de quelques gardes mercenaires qui les flanquaient sur les côtés et à l'arrière des véhicules.
Zythar espérait que cette protection suffirait. Il n'était pas homme à manquer de courage, et n'avait pas hésité à aller à Rimogenn, la cité la plus lucrative du pays, avec trois caravanes remplies de tissus soyeux, de vêtements et de sa famille: sa femme et sa fille. Mais il avait beau être un homme riche, il n'hésitait pas à accompagner ses hommes lors de ses convois de tissus qui allaient vers le nord, ce qui pouvait lui rapporter énormément.
Cependant, on l'avait incité à la prudence, lui racontant que le nord était victime de nombreuses escarmouches avec des groupes de hors-la-loi...
Il avait envoyé des éclaireurs afin d'essayer de prévenir toute attaque, mais il savait que les brigands de la région n'étaient pas des idiots, et qu'ils ne tarderaient pas à arriver. Mais maintenant, il ne pouvait qu'avancer, en priant pour passer inaperçu.
Malheureusement, ce qui devait arriver arriva.


-Aerik! Le convoi approche, et il devrait arriver dans quelques minutes. Il n'est escorté que par quelques mercenaires... Mais il y a plus intéressant.
Aerik leva une oreille, intrigué par ce qui pouvait être plus intéressant que deux caravanes de marchandises.
-La famille est au complet dans la caravane de transport, dont une jeune femme et sa mère, sans doute. Je crois qu'elles devraient te plaire...
Aerik ne put s'empêcher de ricaner. En tant que hors-la-loi, il avait rarement le droit de s'amuser, alors trouver deux femmes, correctes qui plus est, dans la même caravane... Sans parler des servantes qui doivent les accompagner!
De plus, les marchands se montraient de plus en plus prudents, évitant la route et s'escortant avec de plus en plus de mercenaires. Ces derniers temps, ses hommes et lui n'avaient pas eu de chance, ayant perdu de nombreux hommes dans ce qui ne devait être que de simples embuscades. De plus, les caisses se vidaient, et l'hiver était proche.
Oui, ces caravanes allaient les ravitailler, et juste à temps.
-Jagen, je suis de plus en plus impatient de le voir, ce convoi!


Sur le chemin pavé, une étrange forme gisait, à quelques pas de la première caravane.
-Halte! Vous deux, venez avec moi.
Le capitaine des mercenaires avança vers ce qui se révéla être un cadavre. Étendu sur le dos, il ne pouvait pas bien le voir, mais il reconnaissait facilement l'uniforme de sa troupe.
Quelques longues secondes passèrent, parmi lesquelles l'homme ne bougeait pas. Il entendit le bruit des flèches transperçant l'air, puis des cris juste derrière lui. Il se retourna vivement et vit les deux hommes qui l'avaient accompagné, chacun portant une flèche précisément plantée dans le cœur.
Il courut en direction des caravanes et de ses hommes, criant pour donner l'alerte, mais il était déjà trop tard: ses hommes se faisaient tuer dans un vol de flèches. Le capitaine observait toute la scène, mais n'était pourtant la cible de personne. Il entendit un bruit derrière lui, celui de pas sur les pavés de la route. Il se retourna vivement et dégaina son épée, mais n'eut pas le temps de parer que sa tête se détacha de son corps, corps qui mit quelques lentes secondes avant de s'écrouler sur lui-même.


Éliana entendit du bruit, dehors. Curieuse, elle se leva et alla voir son père, ouvrant la portière qui menait à là où il conduisait les chevaux.
-Père? Quel est tout ce bruit, de...
Elle se tut subitement, voyant que son père haletait de douleur. Elle se pencha pour mieux le voir et remarqua la flèche qui dépassait de son corps. Elle laissa échapper un petit cri de terreur, et tenta de trouver de l'aide à l'intérieur de la caravane. Mais soudain, la portière s'ouvrit à la volée, laissant entrer de nombreux hommes, tous vêtus de gris. Chacun portait un arc en bandoulière et une dague ou une épée courte dans la main.
Éliana étouffa un cri mais réagit immédiatement en retournant auprès de son père. Ne voyant d'autre issue, elle sauta de la caravane et tenta de courir, mais, portant une longue robe jaune et parée de bijoux brillants, elle n'avait aucun espoir de passer inaperçu.
Elle se prit les pieds dans sa robe qui se déchira et tomba. Elle entendit un des bandits qui s'approchait d'elle, et se sentit attrapée et soulevée. Elle se débattit sauvagement, mais le bandit n'hésita pas à la plaquer contre le sol, sur le ventre, afin de pouvoir lui attacher les mains. Le plaquage avait été fait avec une telle violence, une telle force, qu'elle était à moitié étourdie.
-Tu es maintenant ma propriété, lança quelqu'un derrière elle, d'une voix moqueuse.
Il l'entendit ensuite crier:
-Jagen, occupe-toi d'elle! Je vais m'occuper du reste des femmes. Après quelques secondes passées à compter les servantes effrayées qui n'osaient pas bouger, il se tourna vers Jagen:
-Je ne vois pas la femme de Zythar!
-Nous avons dû la tuer, elle se débattait comme une possédée avec des couteaux de cuisine et a même tué un de nos hommes, répondit-il juste assez fort pour qu'il puisse entendre la réponse.
Malgré le brouillard de son esprit, Éliana venait de comprendre la discussion, et commençait à lâcher des larmes.
-Non!
Elle se débattit de nouveau, mais ne pouvait pas bouger, coincée entre le sol et les bras puissants d'Aerik.
-Ne bouge pas et il ne te sera fait aucun mal... pour l'instant.
-Non...
Elle se débattait tellement qu'Aerik lui administra un coup sur la tête, pas assez fort pour la tuer mais juste assez pour qu'elle s'évanouisse.


Non loin, un homme, marchant tranquillement, avait entendu la scène. Il réagit promptement et décida d'avancer discrètement, caché dans les broussailles bordant la route.
Petit à petit, il aperçut des formes sur le chemin. Et s'aperçut qu'il s'agissait de caravanes marchandes. Elles s'étaient arrêtées. sûrement pour une pause ou une roue cassée, pensa-t-il d'abord, mais les cris en provenances des caravanes annonçaient tout autre chose.
Curieux, il s'approcha encore, tout en veillant à rester caché, et vit des hommes en gris, achevant leurs ennemis blessés par de nombreuses flèches. Plus loin, il vit une femme, bloquée au sol par un des bandits en gris.
-Désolé... lui dit-il, sachant tout de même qu'elle ne pouvait pas entendre.
L'étranger s'apprêtait à partir, mais son estomac le rappela à l'ordre. Il n'avait pas mangé de la journée, et la chasse était très dure sur ces terres embrumées, alors s'il pouvait se servir dans les «restes»... Ce n'était pas le moyen le plus glorieux, mais ça restait le plus efficace.
Il attendit qu'ils partent, emmenant les femmes, la nourriture ainsi que de nombreuses marchandises avec eux, ainsi que les chevaux des deux caravanes qui contenaient les marchandises, et partirent en vitesse.
L'homme caché dans les broussailles vérifia longuement autour des caravane silencieuses qu'il ne restait rien, et entra, sa dague au poing.
A l'intérieur, de nombreux cadavres de servants et d'hommes armés gisaient par terre, une expression de peur dans leurs yeux.
Heureusement pour l'homme, elle était intacte, et la nourriture entreposée dans les caisses avaient été en grande partie laissée à l'abandon. Ils n'avaient sûrement pas le temps de tout prendre, se disait alors l'homme. Après tout, la patrouille de Rimogenn devait bientôt arriver, lui non plus ne devait pas tarder ici...
Soudain, il s'arrêta de bouger, ayant entendu un bruit. Celui-ci venait d'à travers une portière qui menait à l'avant de la caravane, là où le cocher menait les chevaux.
Il avança avec précaution et entendit plus précisément les bruits, qui s'avéraient être la respiration saccadée d'un homme. Il rangea son arme, conscient qu'il était inoffensif, et se pencha sur le vieil homme qui tenait d'une main une flèche plantée dans sa poitrine.
Il fut surpris en voyant qu'il connaissait cet homme.
-Zythar? C'est bien toi?!
Ne pouvant pas parler sans souffrir, il inclina légèrement la tête vers le bas pour confirmer.
-Ne bouge pas, je vais t'aider.
-I... Inutile.
Comme il avait changé depuis leur dernière rencontre! A cette époque, le vieil homme blessé et avachi qui se tenait devant lui était un jeune idiot, un simple meneur de chevaux qui n'hésitait pas à foncer tête baissée dans les ennuis les plus étonnants. Sans l'homme qui se tenait devant lui, il serait déjà mort depuis très longtemps. Mais aujourd'hui, il arborait des habits riches de commerçant, contrastant avec sa jeunesse pauvre.
-C'est à toi? dit-il en regardant la caravane.
En voyant son vieil ami confirmer, l'homme sourit.
-Les choses... ont beaucoup changé depuis.
Il tenta de rire, mais tout ce qui en sortit ne fut qu'un grognement de douleur suivi d'une gerbe de sang.
-Tu devrais arrêter de parler, dit-il en voyant dans quel piteux état il était. Mais le connaissant bien, et il savait qu'il ne suivrait pas ses conseils.
Soudain, Zythar se rappela d'une chose.
-Ma fille! (Il se tint fermement la flèche, la douleur s'accentuant sous la parole.)Elle est peut-être... vivante. Je l'ai vue passer... devant moi.
L'étranger se remémora la jeune fille en robe qui se débattait dans l'herbe. Ce devait être elle, se dit-il.
-Je crois que je l'ai vue, elle est... (il réfléchit à ce qu'il devait dire)... partie.
-Je t'en prie!
Zythar venait de lui attraper fermement le col de sa veste. Ils se regardèrent longuement, et Zythar comprit, au regard désespéré de son ami, que sa fille était en de mauvaises mains.
-Je t'en supplie... Considère ça comme une dernière volonté... Je m'en moque après tout, mais mets ma fille en sécurité... Je sais que tu en es capable.
Petit à petit, les mouvements de Zythar se firent plus lents, jusqu'à ce que, lentement, il ne bouge plus du tout. Sa poitrine s'était affaissée, laissant échapper un dernier souffle, et ses yeux clignèrent une dernière fois devant l'étranger, une expression suppliante figée à jamais sur son visage tordu de douleur.


PS: Il y a des grandes chances pour que je modifie le texte en cours de route...

Version modifiée du 29/04/2011


Dernière édition par Revak Arahn le Ven 2 Sep - 22:26, édité 6 fois

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Re: Errant

Message par Revak Arahn le Mar 22 Fév - 11:36

Comme d'habitude, j'avance à mon rythme, arrêtant à certaines périodes, reprenant dans d'autres... Hier j'ai débuté le chapitre 3, je me suis donc dit que poster la suite sur ce topic ne serait pas une mauvaise idée...

Ah, et j'ai aussi pas mal changé le prologue et le premier chapitre.


Chapitre II


-Avance.
Éliana ne pouvait plus marcher sans que Jagen la pousse, encore étourdie du coup qu'Aerik lui avait donné. Désorientée par sa bosse douloureuse sur la tête et par un bandeau cachant ses yeux encore humides de larmes, elle était parfois projetée dans la bonne direction quand elle allait dans la mauvaise, et était relevée de force quand elle tombait dans les grosses flaques de boue.
À peine réveillée, elle s'était débattue jusqu'à ce que ses forces la quittent, ce qu'il lui avait valu d'être frappée par les bandits. Elle arborait maintenant quelques contusions de couleurs inquiétantes sous sa robe trempée, tachée de boue et déchirée par les coups ainsi que les ronces environnantes, dont les pointes s'enfonçaient vicieusement dans sa peau.
-Où m'emmenez-vous? disait-elle, avant de trébucher sur un caillou.
-Là où tu n'aurais jamais souhaité être.
Ces derniers mots firent écho dans la tête d'Éliana. Mais après tout, elle n'avait plus ni père ni mère, et ne savait même pas où elle était. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait lui arriver de pire. Tout ce qu'elle espérait à l'instant, c'était de s'arrêter.
Après quelques interminables minutes de marches, ils arrivèrent enfin à ce qui semblait être le camp, des bandits.
Elle s'attendait à quelques tentes autour d'un feu, mais s'était largement trompée. la brume environnante ainsi que la position idéale du camp, sur un creux dans la terre, rendait l'endroit quasiment impossible à trouver pour ceux qui n'y étaient pas déjà allé. Des dizaines de tentes se tassait autour d'une place, éclairée par un grand feu autour duquel chantaient et buvaient les bandits.
Peu après leur arrivée, on l'attacha violemment à un poteau par une espèce de laisse métallique autour du cou, et ses quelques servantes survivantes durent subir le même sort. Peu de temps après, elle fut enfin tranquille, ce qui permit à Éliana de réfléchir à tout ce qu'il venait de se passer.
Son père et sa mère venaient de mourir, sûrement la proie des corbeaux à l'heure qu'il est. Elle allait passer le reste de sa vie, qui risquait d'être courte, à passer de tentes à tentes, afin de servir les bandits, et elle allait sûrement...
-Allez, bois ça!
Un homme à côté d'elle tenait une cruche remplie de vin et de l'autre, tenait fermement celle de la servante qui était à côté d'elle. Il la forçait à boire une eau saumâtre, tandis que ce dernier riait aux éclats en la voyant s'étouffer.
-Fillette?
Fillette? Elle n'était plus si jeune que ça...
-Oh, fillette!
Elle tourna la tête, surprise. Le bandit qui l'avait attrapée, Jagen, tenait une cruche dans une main, et de l'autre un verre, tous deux en terre cuite.
-On m'a donné l'ordre de m'occuper de toi... afin de te rendre présentable au chef.
Il remplit maladroitement le verre et tenta de le porter aux lèvres de la prisonnière, mais elle tourna vivement la tête, et ferma les yeux en attendant de se faire frapper, mais rien ne vint.
Après quelques secondes, elle les rouvrit lentement. Jagen la regarda et sourit en secouant lentement la tête.
-Tu devrais te rendre à l'évidence, et te laisser faire. Je dis ça pour toi... dit-il en faisant un signe de la tête vers la servante qui toussotait encore du liquide immonde qu'on lui avait fait boire.
Il soupira quand il vit Éliana pleurer à nouveau devant lui. Il posa la cruche et le verre et commença à partir, avant de se rappeler:
-Aerik voudra te voir bientôt. J'irai te chercher.
Voyant qu'elle ne répondit pas, ni ne réagissait, il partit après avoir poussé un soupir.

Un peu plus tard, il revint, et la détacha. Elle massa son cou meurtri de douleur, ainsi que ses jambes qui étaient enflées à certains endroits, mais fut forcée d'avancer par Jagen qui la poussait légèrement derrière.
Elle avança donc jusqu'à une tente, qui semblait légèrement plus grande et plus décorée que les autres, et elle entra.
L'intérieur était luxueux, du moins pour une tente: de nombreuses peaux d'animaux couvraient la toile et le sol, permettant de préserver une douce chaleur. Seuls un râtelier, un lit, une étagère et quelques objets de valeur meublaient cet endroit. Sur un trône assez imposant était assis un homme, sirotant une coupe de vin. Elle le reconnut comme étant celui qui l'avait attrapée. Il avait la peau pâle, les cheveux bruns lui tombant jusqu'aux épaules ainsi qu'une fine moustache, et était d'une grande taille. Il était aussi habillé de vêtements luxueux. Sûrement volés à des personnes comme mon père, pensa-elle.Elle se sentait angoissée et fiévreuse, mais tenta de le cacher, se tenant droite et figée devant lui.


Aerik regardait la jeune fille avec un profond dédain. Sa robe déchirée en certains endroits lui donnaient envie de continuer ce que les ronces avaient commencé, mais il réprima son envie pour mieux observer la fille.
Elle était jeune, presque adulte de l'avis d'Aerik. Ses cheveux bruns parsemés de feuilles tombaient en cascade jusqu'au bas de son dos. Elle était de taille moyenne, et ses yeux...
Ses yeux humides d'un bleu étonnamment clair le fixait, la tête haute.
-Pas mal... Pas mal du tout... Jagen, sors, mais attends devant la tente. Je n'en aurai pas pour très longtemps...
Il sortit en silence, tout en jetant un dernier regard à la jeune fille qu'il avait accompagnée.
-Alors... Comment t'appelles-tu? lui demanda-t-il avant de finir sa coupe.
Elle garda le silence.
-Je vois... Tu sais, je ne dis ça que pour la discussion. Je te connais, Éliana, la fille unique de deux cadavres pourrissants. Tu sais, ton père est connu dans la région... Enfin, il ne le sera plus très longtemps maintenant. Toi aussi d'ici quelque temps, tu ne seras plus rien, un vague souvenir sans autre utilité que de me servir.
Il se leva et, lentement, s'approcha d'Éliana. Celle-ci ne bougea pas d'un pouce, quoiqu'elle serrait des poings presque à en trembler, mais elle réprima tout de même son envie de se jeter sur lui quand il fut à portée. Il tourna autour d'elle pendant quelque temps, la regardant de haut en bas avec un œil critique.
-Vraiment... charmante. Oui, tu n'es pas encore domptée, mais tu peux compter sur moi pour régler ce petit défaut. Jagen!
Ce dernier entra dans la tente presque instantanément après avoir entendu son nom. Aerik lui chuchota à l'oreille.
-En attendant, tu la mettra avec les miennes. lui dit-il après. Il se tourna ensuite vers Éliana. Profite de tes quelques moments de répit, car ton tour viendra très vite...
Ces derniers mots firent grimacer Éliana, qui se hâta de sortir de la tente quand Jagen lui fit signe.
Il la mena à travers le camp, jusque devant une espèce d'enclos fait de solides pieux de bois, hauts comme deux hommes.
-C'est ici que tu vivras, à présent... Et je te suggère de ne pas tenter de fuir, comme ces prisonniers-là, par exemple.
Jagen montrait du doigt une estrade sur laquelle était placée divers instruments de torture et, avec, leurs récents utilisateurs. Des personnes étaient noyées dans des bacs d'eau, d'autre étaient «écrasées» dans du charbon ardent tandis que des corps, empalés un peu plus loin sur des pieux, pourrissaient ou se faisaient dévorer par les corbeaux voraces. Éliana aurait juré avoir vu encore bouger l'un d'eux.
Prise de haut-le-cœur à cette seule vue, Éliana tourna vivement la tête dans une autre direction. Elle regarda Jagen d'un œil implorant, mais celui-ci évita son regard.
-Allez, rentre.
Elle aurait voulu pleurer, mais elle n'en avait plus la force. Elle entra dans l'enclos, à petits pas.


Jagen la regarda entrer, et, en soupirant, repartit vers la tente d'Aerik. Arrivé à l'intérieur, il fit un signe à ce dernier, qui engagea la conversation.
-Te voilà de retour... Elle est pas mal, hein?
-Oui, oui... Mais tu m'étonnes. D'habitude tu t'occupes souvent très vite du «nouvel arrivage»...
-Tu sais, Jagen, les femmes, c'est comme le vin: il faut savoir attendre avant de déguster. Je préfère attendre qu'elle ait abandonné tout espoir avant de m'en occuper. Vu le nombre de fois où je peux profiter d'un «nouvel arrivage», comme tu dis, je ne vais pas le gâcher aussi vite, hein?
Les gardes, postés à l'entrée de la tente, ricanèrent discrètement, mais Jagen, qui pensait à tout autre chose, ne réagit pas du tout.
-Jagen, depuis quelque temps, je te trouve plus... distant que d'habitude. Tu sais, tu peux me faire confiance, si jamais tu as un problème.
Il fallut quelques longues secondes à Jagen avant de pouvoir trouver une réponse adéquate.
-Pour tout te dire, je crois que tout ce gris autour de nous déteint sur moi. Je me sens vieux et las, Aerik...
-Nous ne sommes plus tout jeunes, c'est vrai... Tu veux un verre?
Aerik n'attendit pas la réponse de Jagen pour aller chercher une nouvelle coupe et une bouteille.
-Tout droit sorti des caves Orleniannes. Nous l'avons prise dans le même convoi qu'elle.
Jagen ne put s'empêcher de repenser à Éliana, qui devait attendre dans l'enclos, avec les autres propriétés privées d'Aerik.
Il but lentement le liquide noir aux reflets rougeâtres. Le vin semblait bon de l'avis d'Aerik, mais il n'eut qu'un goût d'acide quand il traversa la gorge de Jagen.
-Ah, Orlenia... Si le «travail» ne me retenait pas ici, je crois que j'y retournerais. Tu t'en souviens?
-Je ne crois pas pouvoir oublier cela.
Jagen et Aerik étaient de vieux amis, et c'était sur l'île d'Orlenia qu'ils s'étaient rencontrés. Tous deux avaient été enrôlés de force dans la guerre pour le contrôle de cette île entre la république de Jeldaria et l'empire du désert, Elaria. Jagen ne pouvait pas oublier, surtout quand, après la guerre, aucun d'eux n'eut droit à d'autre récompense que celle de partir sans discuter. Aucun n'avait été payé, récompensé, ou même remercié, alors que nombre d'entre eux étaient morts ou avaient passé des années à servir leur pays.
C'était pour ça qu'ils se retrouvaient là.
-Mais nous ne pouvons plus retourner en arrière, pas vrai? Ça m'étonnerait un peu que le gouvernement nous rende ce qu'il nous doit, maintenant...
-Oui, je ne crois même pas qu'il se souvienne de nous, l'État...
-...Mais au final, nous le lui avons fait payer.
Jagen ne répondit pas. Il ne regarda même pas son vieil ami.
-Je dois y aller.
-Jagen, attends. Tu as beaucoup changé depuis quelque temps. Je sais que cette vie n'est pas la meilleure de toutes, mais ne fait pas de choses que tu pourrais regretter ensuite.
Jagen mit quelques secondes avant de comprendre de quoi il voulait parler. Depuis qu'il le connaît, son ami avait le don de prévoir les choses avant qu'elles ne se produisent. C'est d'ailleurs son instinct qui lui avait toujours permis de rester en vie jusqu'à maintenant. Aerik lui fit un signe avec sa main gauche pour lui dire de partir, et de l'autre, but à petites gorgées son verre, pour le remplir à nouveau.
Quelques minutes passèrent, durant lesquelles Aerik put se plonger dans ses pensées. Jagen avait complètement changé depuis leur arrivée sur ces terres. Le gaillard rieur qui l'accompagnait n'était plus qu'une ombre errant à travers le camp. Il exécutait toujours ses ordres sans rechigner, et se montrait d'ailleurs parmi les plus efficaces, mais il craignait qu'il change subitement d'avis. Il avait une grande popularité dans le groupe, ce qui pouvait amener ses hommes à le suivre. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Aerik avait toujours envoyé Jagen sur le front pour des missions importantes et risquées: son efficacité était la bienvenue, mais s'il pouvait, dans la fureur du combat, mourir d'une flèche, c'était toujours ça de gagné...
C'est en tous cas ce qu'il pensait, et il ne voulait pas risquer son poste ainsi que sa vie, qu'importe les sacrifices. Il devait trouver un moyen de se débarrasser de lui, d'une façon ou d'une autre, car il sentait le vent changer de direction...


Version éditée du 29/04/2011


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Re: Errant

Message par Revak Arahn le Mar 26 Avr - 18:41

Voilà, une sortie vraiment rapide comparée aux autres, mais il faut dire que je travaillais un peu... dans l'ombre, dans mon coin. Maintenant, j'ai décidé de publier ici chaque chapitre que je considérerai plus ou moins terminé.
Voici donc le troisième chapitre...

edit: ça m'a pas empêché de le retravailler, j'ai donc rajouté quelques pages du chapitre 4 et changé 2-3 trucs...



Chapitre III

Je n'ai décidément pas de chance.
C'était ce que se disait l'étranger qui venait d'abandonner le cadavre de Zythar sous les flammes, afin non seulement d'éviter à son ami de se décomposer, mais aussi d'essayer de prévenir les gardes à travers l'immense et épais brouillard. Il était maintenant fermement décidé à se racheter auprès de lui, et se dirigeait maintenant vers les bandits. Comme il devait s'en douter, ils s'étaient séparés en groupes afin de dissimuler les traces, mais l'étrange créature était un très bon pisteur. Il suivit donc sans grande difficulté des traces de pas facilement visibles dans le sol presque boueux de la région, ne prenant que peu de peine pour se cacher étant donné la brume épaisse.
Ils avaient pris plus d'une heure d'avance, mais, chargés qu'ils étaient par leurs prisonniers et leurs marchandises, les bandits avançaient à une allure assez lente, que la créature put facilement rattraper.
Mais il entendit non loin de lui quelque chose, comme une lame qu'on dégainerait, et tous ses sens furent aux aguets.
Il sortit discrètement sa dague, et tenta de repérer l'origine du bruit, ce qui était manifestement inutile dans cette brume. Il devrait donc faire le moins de bruit possible et repérer son ennemi avant que ce ne soit l'inverse.
Il se tourna lentement et se concentra sur tous les bruits alentours. Excepté les oiseaux, il entendit clairement le bruit de l'adversaire qui marchait, autour de lui, et crut voir, à un moment, une ombre se dessiner dans la brume épaisse. Il avança donc à pas de loups vers celle -ci, sa main fermement accrochée à la poignée de son arme.
Ses yeux, malgré le fait qu'ils soient entièrement noirs, n'étaient pas pour autant plus efficaces, aussi l'homme l'aperçut en même temps que lui et courut dans sa direction.
La créature attendit que l'homme, armée d'une épée longue, soit assez proche de lui, pour ensuite feinter sur la droite et planter son arme profondément dans le cou de son adversaire.
Il retira son couteau et entreprit de le nettoyer sur sa victime, avant de se dire qu'il pourrait prendre sa cape grise que les bandits portaient tous pour s'infiltrer dans le camp de ces derniers. Il nettoya donc son arme sur le pantalon du cadavre et le fouilla, pour, ainsi, trouver quelques piécettes.
C'est toujours ça... se dit -il avant de continuer sa route. D'abord étonné de croiser un ennemi tout seul, il déduisit qu'il était un éclaireur et qu'on finirait par détecter son absence.
Je dois faire vite. Il accéléra donc l'allure tout en prenant garde à écouter les sons inhabituels des alentours.
Courant à bonne vitesse, évitant d'être trop bruyant, il atteignit rapidement le camp des bandits, et se cacha derrière une pierre. Il ne les avait pas rattrapé à temps, car le groupe venait tout juste d'arriver, et il vit les victimes de la dernière attaque, accrochées par une chaîne à des poteaux. Il remarqua, en se rapprochant suffisamment, les cheveux d'un noir de jais caractéristiques de Zythar sur l'une des prisonnières, qui devait sûrement être Éliana.
Ce n'était pas dans son habitude, mais il se prit de pitié pour cette jeune femme et tenta de trouver un plan pour la sortir de là, ce qui était peine perdue étant donné les nombreux gardes qui surveillaient constamment les alentours du camp.
Il décida qu'il lui faudrait attendre la nuit avant d'avoir la moindre possibilité, même si pour cela il lui faudrait patienter et, peut -être, obéir au chef de campement, ce qui ne serait sûrement pas dans son intérêt...
L'étranger attendit donc, calmement, mais prêt à intervenir dès que la nuit tomberait...

Lorsque Éliana entra dans l'enclos, elle ne vit que ce à quoi elle s'attendait: de nombreuses femmes, jeunes ou vieilles, parfois même des enfants, assises un peu partout à maudire leur sort en silence. Beaucoup avaient des vêtements déchirés et sales, mais certaines, sûrement des favorites ou des «nouvelles arrivantes», portaient des vêtements simples mais en bon état.
Après avoir vu de qui il s'agissait, elles furent soulagées, mais contemplèrent à nouveau le sol, l'air ailleurs, redoutant la prochaine ouverture.
Elle s'installa donc, après quelques secondes d'hésitation, le plus loin possible de l'entrée de l'enclos, le dos contre les pieux, et plaqua sa tête contre ses jambes, en position fœtale. Elle ne put retenir ses sanglots.
Les derniers événements, ainsi que ceux à venir, l'empêchaient d'être calme. Elle était constamment dans la peur panique d'approcher d'Aerik et devinait que celui-ci n'était pas un homme patient, et qu'il voudrait sûrement «fêter» le nouvel arrivage. Elle ne pouvait regarder le soleil à travers la brume, mais pensait que l'après-midi devait être bien avancé.
En y pensant, elle n'avait pas mangé depuis hier, et comme pour répondre à cette pensée, son estomac grogna furieusement contre elle. Lorsqu'elle regarda autour d'elle pour trouver quelque chose de comestible, elle ne trouva rien, mais remarqua que toutes les femmes du groupes s'étaient approchées de la porte. On devait bien leur servir à manger, après tout...
Et où fait-on ses autres besoins? pensa -t -elle en remarquant qu'il n'y avait ni fosse, ni bac d'eau, pas même de lit ou de couverture...
Elle fut tirée de ses pensées par la porte de l'enclos qui s'ouvrit brusquement, et un homme corpulent entra, accompagné d'autres, des serviteurs à en juger par leur accoutrement et leur tâche, qui était de porter une grosse marmite bouillonnante dans l'enclos.
-Comme d'habitude... mais faites vite.
L'homme massif porta un regard bref à Éliana, qui n'avait pas bougé étant donné la masse compacte qui se pressait contre la marmite, mais haussa vite les épaules et vérifia à nouveau que chaque prisonnière ne se servait pas deux fois.
-Allez, c'est fini.
La marmite était encore à moitié pleine, et certaines ne s'étaient pas servies, mais elle fut retirée de force, et tous partirent de l'enclos et le fermèrent. Une dame, relativement âgée, s'était approchée d'elle, et tenait deux bols, contenant chacun une espèce de mixture à la couleur peu engageante.
-Tiens. Je sais que ce n'est pas très appétissant, mais on s'y fait vite.
Elle attendit plusieurs secondes, hésitante.
-Ne t'inquiète pas pour moi, je suis habitué aux petites rations.
Cela gêna un peu plus Éliana, mais sa faim prit le dessus. L'odeur, elle, par contre, eut raison de son appétit.
-Mange, sinon tu ne tiendras pas la nuit.
La nuit? Lorsqu'elle comprit, après plusieurs secondes, de quoi parlait la dame, elle devint toute pâle, mais avala une première cuillère pour penser à autre chose.
Après avoir fini son bol, elle le posa et regarda la vieille femme.
-Qui êtes -vous?
Il lui fallut de longues secondes avant de pouvoir répondre.
-Plus grand -chose. Mais tu ne devrais pas laisser passer la nourriture. C'est la seule chose qu'on a, ici.
Elle reporta son regard vers le bol quelques secondes.
-Tu appartiens à Aerik, maintenant, et malgré son impulsivité, il n'est pas du genre à maltraiter sans raison. Tiens -toi à carreau et tu ne devrais pas avoir trop de problèmes.
Mais Éliana n'écoutait que d'une oreille, luttant contre le sommeil, effondrée par sa journée. Avant de fermer les yeux, elle regarda le ciel, dont les teintes sombres laissaient deviner le soleil couchant caché par la palissade et le brouillard. Elle fut malheureusement réveillée après ce qu'il lui parut que quelques minutes de paix.

-Allez, grouillez -vous! On ne fait pas attendre Aerik!
Elle remarqua, en se levant, que ses jambes étaient parsemées boursouflures violettes, mais elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter et se releva donc, comme toutes les autres autour de lui, terrifiée par ce qu'il allait lui arriver.

L'être réagit en voyant les torches s'allumer dans le camp.
Allons -y.
Il se releva doucement et erra autour du campement durant plusieurs instants afin de trouver l'endroit le moins gardé. Ce n'était qu'un assemblement de tentes et de feux de camp disposés au hasard, l'étranger n'eut donc aucun problème à passer sans se faire détecter par les gardes, de plus, ses vêtements le passaient presque inaperçu, si ce n'était son visage qu'il tentait de cacher le plus souvent possible. Il était tout de même étonné de la facilité avec laquelle il s'était infiltré dans le camp.
Ayant passé le premier obstacle sans problème, il tenta de marcher le plus naturellement possible, et entreprit de fouiller le camp en quête de la tente la plus grande et la plus visitée, qui devait sûrement abriter le chef. Il n'eut cependant aucun mal à la trouver étant donné qu'elle se trouvait au milieu de toutes les autres, comme il l'avait imaginé: de nombreux chefs se cachent derrière leurs hommes.
La tente était située face à un genre de grand -place au milieu de laquelle brûlait un grand feu. Autour, la créature ne put compter, mais il aurait juré qu'au moins une centaine de bandits chantaient ou buvaient en l'honneur de leur récente capture.
Il resta autour d'eux, attentif à ce qui se disait, traînant autour des groupes de discussion tout en restant éloigné.
Au bout de quelques longues minutes, il faillit perdre espoir d'entendre parler de la fille. C'est alors qu'un homme, plus grand et presque deux fois plus large que lui, sortit de la grande tente et se rapprocha du feu.

Jagen était las. Il l'avait ressenti depuis déjà longtemps, mais au lieu de s'apaiser, il se sentait de plus en plus accablé par les prisonniers, les morts, les embuscades, qui se succédaient jour après jour. Bien sûr, il supportait Aerik, un ami à qui il devait la vie, ce qui lui donnait une raison, même minime, de rester à ses côtés. Il faisait en sorte que certains puissent s'enfuir, ratait les caravanes inutiles à la survie du camp et était le seul capable de calmer son ami qui était sûrement l'homme le plus têtu du Jeldaria.
Il fit donc comme à son habitude et noya son chagrin dans un océan de foule et de bière. Il ramassa la chope la plus proche qu'il put trouver, en vérifia le contenu, le vida et s'approcha des tonneaux.
Marchant ensuite en direction du feu après s'être servi, il se rendit compte soudainement qu'il avait vidé tout le contenu de sa chope, il retourna donc vers les tonneaux, mais tout en se retournant brusquement, il heurta un homme qui tomba sous le choc. Il remarqua que celui -ci portait une cape, ce qui n'était pas courant par les bandits qui, non seulement l'utilisaient seulement en extérieur, mais qui la pariaient aussi souvent aux dés ou aux cartes en premier. Mais Aerik haussa les épaules et tendit sa main vers l'homme, qui l'attrapa pour se relever tout en retenant sa capuche d'une autre main.
Lorsque il put atteindre de nouveau les tonneaux, il remplit la moitié de sa chope avant de prendre le tonneau qui était encore à moitié plein. Il le souleva et marcha afin de trouver Kahem, l'homme avec qui il aimait boire et discuter. Celui -ci le trouva, remarquant l'énorme tonneau qui se déplaçait difficilement et que les autres évitaient.
-Jagen! Tu fais partager?
-T'as intérêt à la vouloir, cette bière.
Les deux déposèrent le tonneau à côté d'un tronc d'arbre sur lequel ils s'assirent.
-Alors, ça va?
Jagen ne répondit pas, finissant sa chope d'un coup.
-Oh, pas trop on dirait...
Il leva la sienne à ses lèvres et but lentement le breuvage, mais s'étouffa avec quand son ami lui souleva le bock.
-Tu fais trop de manières.
Il vida le sien d'un cul sec et le remplit de nouveau. Kahem attendit qu'il ait fini de nouveau de boire avant de reprendre la parole:
-Alors, dure journée?
-Effectivement.
-Quoi de neuf? J'ai entendu dire que tu avais pris un convoi sans problème.
-T'as entendu parler du nouvel arrivage?
-Ah ça, pour en avoir entendu parler...! Tout le monde n'arrête pas de parler de ton exploit. Se débarrasser du plus grand marchand de soie du pays, il fallait le faire! Et sans aucune égratignure en plus. Et quand est -ce que le chef nous présente la fille?
-Il a justement décidé de la garder pour lui. Mais c'est justement elle qui me dérange...
-Pourquoi, tu la voulais? demanda Jagen, tout en riant. Tu n'es pourtant pas vraiment du genre jaloux.
-Je ne la voulais pas pour ça! Elle... me dérange.
Ne trouvant pas le mot adéquat, il ajouta:
-Généralement, je les tue directement, je préfère ça que de les voir servir de passe -temps à Aerik. Mais là...

L'étranger soupira de soulagement en entendant parler de la fille. Il était resté proche de l'homme portant le tonneau, suivant son intuition. Et comme à son habitude, elle l'avait bien guidé.
Il s'éloigna ensuite du groupe rassemblé autour du feu pour ne pas se faire repérer et préparer un plan.
Éliana avait donc été réservée au chef, Aerik, ce qui n'arrangeait pas les choses. Mais, fidèle à sa promesse, l'étranger ne comptait pas abandonner. Il remarqua que toutes les tentes étaient collées entre elles, ce qui lui permettrait de se faufiler plus facilement dans celle du chef, Aerik, s'il avait bien entendu son nom.
Il attendit donc, assez loin de la tente pour ne pas être soupçonné, et assez près pour remarquer l'arrivée de la fille, qui ne devait sûrement pas tarder à arriver.
Avec un peu de chance, il n'aura pas le temps de lui faire du mal...
Peu après avoir ruminé dans ses pensées, de nombreuses femmes approchèrent en direction de la tente, escortées par des bandits bien armés. Il ne sut que faire entre se réjouir ou s'attrister pour la jeune fille lorsqu'il put enfin l'apercevoir, la reconnaissant facilement grâce à ses vêtements déchirés.
Il approcha donc discrètement et tenta d'entrer en contact avec elle, ce qui n'allait pas être facile étant donné la troupe qui les gardait.

Éliana, ainsi que toutes les autres femmes de "l'enclos", avançaient en direction de la tente, entourées de gardes comme des bergers guidant leurs moutons.
Lorsqu'elle arriva sur la place, elle fut tout de même étonnée de voir autant de hors-la-loi, dansant et buvant autour d'un unique et grand feu-de-joie. Comment autant de personnes avaient pu enfreindre la loi?
Alors qu'elle approchait de la tente, elle aperçut un homme parmi les autres, qui continuait de porter sa capuche, ce qui contrastait avec le reste des bandits. Celui-ci suivait le groupe tout en essayant de rester distant. Elle ne pouvait pas voir son visage, mais elle avait l'étrange impression que celui-ci le fixait intensément. Lorsque celui-ci se mit à retirer très légèrement sa capuche, elle put rapidement apercevoir son visage, ainsi que ses yeux. Elle n'était pas sûre, étant donné que l'étrange personnage avait immédiatement remonté sa capuche, mais elle aurait juré avoir vu des yeux entièrement noirs. Elle oublia tout à partir du moment où elle entra dans la tente d'Aerik.
Rien n'avait changé de place, le chef était toujours assis sur son trône, contemplant ses «sujets» d'un air suffisant. La tente s'était cependant dotée de tables où de nombreuses cruches de vin se vidaient trop rapidement pour les serviteurs qui tentaient en vain de les garder pleines. Parmi les nombreux invités, il n'y avait que des hommes bien habillés, assis sur des chaises ou des lits installés spécialement pour eux. Certains portaient des habits de soie colorés, particularité de la ville de Rimogenn. Pour peu, elle se serait cru dans la cité, à l'exception des peaux de bêtes qui tapissaient toute la tente et de l'homme assis sur son trône, l'air à l'affût.
Lorsque les filles arrivèrent, leur maître se leva rapidement, pressé de les rejoindre. Il tourna longtemps autour du groupe, examinant chaque fille avec précaution. Lorsqu'il s'approcha d'Éliana, il s'arrêta subitement, l'observa de la tête aux pieds puis leva la main et pointa du doigt en sa direction.
-Aujourd'hui, je n'en prendrai qu'une.
Même si elles essayaient de ne pas le montrer, toutes les filles semblaient soulagées, s'écartant de la jeune fille, comme si elle avait soudainement attrapé la peste.
-Et pour fêter cette bonne pêche, je vous laisse toutes les autres pour la soirée!
Tous les hommes levèrent leur choppe et crièrent leur approbation. Les filles, quant à elles, baissèrent les yeux, leur joie éteinte telle une bougie qu'on venait de moucher.
-Toi, viens par ici...
Il l'attrapa solidement par les cheveux et la traîna jusqu'à son trône. Attrapant un étrange collier orné, il s'approcha et accrocha l'instrument au cou de sa victime.
Au départ, elle eut une sensation étrange, comme une vague de froid coulant à travers son corps, puis le collier se mit à pulser, tel un cœur qui bat.
Lorsqu'elle pensa à le toucher, le collier se resserra instantanément avant même qu'elle eut levé les mains. Mettant les mains dessus, elle les retira vivement, voyant que ceci ne faisait que resserrer l'étreinte de l'instrument de torture. La pression fut telle qu'elle crut que ses yeux allaient sortir de leurs orbites. Étouffant peu à peu, elle s'écroula devant son maître, qui riait aux éclats.
Après quelques secondes l'objet se desserra lentement, permettant à la jeune femme de respirer à nouveau. Aerik se baissa et lui parla à voix basse.
-Voici ce qui t'attends jusqu'à ta mort, mais ne t'inquiète pas, j'ai beaucoup d'autres objets de ce genre, tu ne t'ennuieras pas.
Elle voulut répondre, mais seul un grognement rauque sortit de sa bouche. Lorsqu'elle se releva, Aerik toucha délicatement le collier, activant une nouvelle fois le collier magique.
Cette fois-ci, elle ne tenta pas de se débattre, l'étreinte se relâchant lentement. Après une longue respiration, elle se releva à nouveau, tout en gardant son maître en vue afin de prévoir la prochaine fois qu'il toucherait le collier. Il finit par s'asseoir sur son trône, et ordonna à Éliana de se mettre à genou à côté d'elle.

Peu de temps après, un jeune homme entra dans la tente. Approchant d'Aerik d'un pas rapide et l'air angoissé, son visage plein de sueur laissait présumer qu'il avait couru sur une longue distance.
Lorsqu'il approcha, deux gardes du corps qu'Éliana n'avait jamais vu auparavant s'interposèrent entre le jeune homme et leur chef.
-Laissez-moi passer!
Gêné par la présence des deux montagnes de muscles devant lui, Aerik leur intima de s'écarter.
-Allez, parle.
Tout autour, la foule semblait à la fois curieuse et indignée devant le jeune homme qui était plein de feuilles et de boue. Il semblait tellement terrifié qu'il mit un certain temps avant de réagir. Malgré tout, il se racla la gorge et parla :
-La cité, chef...
Voyant qu'il avait subitement arrêté de parler, Aerik sortit son couteau et caressa la lame tout en regardant son interlocuteur.
-Tu as intérêt à vite finir si tu ne veux pas finir sur le prochain pieu demain.
-La cité, chef... en flammes... des montagnes de cadavres devant la grande porte...
Un long silence parcourut la salle, de longues secondes avant qu'une explosion de questions incompréhensibles provenant de la foule surgissent de partout.
-Silence! (tout le monde se tut aussitôt) As-tu vu les étendards?
-Ils n'en portaient pas... (voyant le sourcil interrogateur de son chef, il ajouta:) je les ai vu, ce sont des démons...


Dernière édition par Revak Arahn le Ven 2 Sep - 22:27, édité 3 fois

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Re: Errant

Message par Revak Arahn le Ven 29 Avr - 1:56

Et voilà le chapitre IV, record absolu de vitesse, car je ne l'ai commencé que depuis quelques jours. L'arrivée des vacances a été comme une bouffée d'énergie et de motivation pour moi
M'enfin, oui, comme il est écrit rapidement, je m'attends à une vague de fautes, de répétitions et de d'erreurs en tout genre, mais le voici quand même, car il faut que je sache ce qu'il en est.
Au programme, des milliers de morts, et pourtant je ne fais pas exprès -_-...

PS: Pour éviter à ceux qui lisent d'avoir à relire le tout, je préviens que le personnage dénommé Liéneo est en réalité le Jodd du prologue, mais j'ai édité ça. Ah, et par contre une partie a été rajoutée à la fin du chapitre 3 aussi...



Chapitre IV

-Je me fiche qu'il soit en train de manger, c'est important! criait un homme en armure à une jeune servante qui semblait sur le point d'appeler les gardes.
-Écoutez... je veux bien aller le prévenir de votre présence, mais le comte risque de ne pas de vous recevoir.
-Et si vous lui dites que les démons vont bientôt arriver, vous croyez qu'il se lèvera de sa chaise?! (plaquant sa main devant ses yeux, il tenta de se calmer) Excusez-moi, ce n'est pas de votre faute... dites-lui juste que c'est d'une importance capitale.
-J'y vais de ce pas, monsieur...
Elle courut presque en direction d'une immense porte protégée par plusieurs gardes. Quand la servante l'entrouvrit pour se faufiler à l'intérieur, le soldat put entendre la musique et les rires, ce qui ne fit que l'irriter de plus belle. Faisant les cent pas devant les gardes perplexes, il ruminait de sombres pensées envers le comte de Rimogenn et la région impraticable qu'il avait traversé pour le rejoindre, sur l'ordre de son capitaine, un certain Garn.
Lorsque la grande porte s'ouvrit à nouveau, il se retint de justesse de crier contre le comte. Lorsque ce dernier vit le soldat couvert de boue et de feuilles, il soupira en levant les yeux au ciel.
-Sois bref, mon garçon, je n'ai pas que ça à faire.
Le soldat fut d'abord surpris par le ton du vieil homme qui se tenait devant lui, mais la colère reprit vite le dessus. Malgré tout, il fit un effort pour ne pas l'afficher devant l'un des hommes les plus influents du Jeldaria.
-Messire, mon supérieur, le capitaine Garn Colen, m'a envoyé afin de demander votre aide. Un... (il chercha longuement les mots) une créature dangereuse, originaire des montagnes, a été aperçue il y a peu dans la campagne environnante et semblait s'approcher de votre cité. Mon capitaine pense qu'il ne s'agira pas de la première de ces créatures à approcher de nos frontières.
Le comte chercha longuement dans le visage de son interlocuteur un quelconque sourire.
-Vous êtes sérieux?
-Plus que jamais, mon seigneur. J'ai vu cette créature de mes yeux, et je peux vous affirmer qu'il s'agit... d'un démon.
S'attendant à toutes les réactions possibles, le soldat fixa longuement le comte, priant pour qu'il prenne un homme mort de fatigue et trempé jusqu'aux os au sérieux.
Contre toute attente, le vieil homme soupira et posa une main sur l'épaule du soldat
-Comment t'appelles-tu, mon garçon?
-Euh... Liéneo, mon seigneur.
-Liéneo, si ce que tu dis est vrai, cela ne ferait que confirmer mes soupçons. Es-tu sûr qu'il s'agissait bien d'une de ces créatures?
-Je l'ai vue de mes propres yeux. son sang a brûlé mes mains et je l'ai vu courir à une vitesse surhumaine à travers la forêt. Étant pisteur, j'ai pu suivre sa trace quelque temps, et il se dirigeait vers votre cité. Toutefois, je ne pense pas qu'il soit entré à l'intérieur.
-Et pourquoi ça?
-Tout en suivant la route qui menait ici, j'ai pu voir des restes de cadavres brûlés. A partir d'ici, la piste partait en direction des marais et j'ai jugé préférable de vous informer de la situation avant de poursuivre les recherches.
-Et tu as bien fait. Lerna!
La servante s'approcha du comte.
-Oui, mon seigneur?
-Préviens mes hôtes que je ne pourrai pas les rejoindre pour l'instant. Une affaire de la plus haute importance...
-Bien sûr, j'y vais de ce pas.
Il attendit qu'elle ferme la porte avant de reprendre la parole.
-Suis-moi.
Il suivit le comte, gêné toutefois car il ne s'attendait pas à autant de familiarité avec un noble. Traversant de nombreux couloirs, il arriva enfin devant une nouvelle porte, gardée elle aussi, par laquelle ils entrèrent.
Liéneo trouvait la salle très austère pour un comte: aucun tapis, aucun portrait, juste un bureau, des chaises ainsi qu'une bibliothèque. Liéneo put toutefois apprécier la chaleur réconfortante d'une cheminée, qui répandait une douce lumière dans la salle.
-Assieds-toi, mon garçon. (il attendit avant de continuer:) je suppose que tu connais l'histoire.
-Celle des démons, vous voulez dire?
-Non, la mienne!
-Veuillez m'excusez, seigneur.
-Ne t'excuse pas pour pareilles choses, fiston, le temps n'est pas aux courbettes!
Liéneo appréciait le vieil homme: aucun noble ne lui avait montré de respect jusqu'à aujourd'hui.
C'est peut-être à cause de l'âge, pensa-t-il. En effet, les cheveux blancs comme neige du vieil homme avaient en majeure partie disparu de sa tête, tandis que sa longue barbe peignée, contrastant avec la partie haute de sa tête, lui donnait un air de sage.
Il semblait malgré tout fort, le soldat le remarquait tout de suite à sa posture assurée et à ses épaules larges.
-Pour tout vous dire, je ne connais que les chansons des bardes, mais je ne sais pas pour ce qui est de la véritable histoire.
Le comte soupira tout en secouant la tête.
-Les jeunes... mais ce n'est pas grave: l'histoire des bardes n'est pas si différente de ce qui s'est réellement passé.
-D'après eux, les démons sont des créatures gigantesques et terrifiantes qui veulent nous réduire en esclavage grâce à leur sorcellerie. Je ne suis pas idiot, seigneur, les bardes sont souvent du genre à exagérer la réalité, et j'ai eu du mal à croire que de telles créatures aient pu vivre dans notre monde.
Ce dernier eut un regard triste tout en dévisageant le jeune homme. Se pouvait-il qu'il se soit trompé sur cet avis?
-Mais... celui que nous avons vu, dans la forêt, n'était presque pas différent d'un homme. À part ses yeux et son sang, il n'avait que très peu de différences avec un humain...
-Ses yeux et son sang?
-Pour tout vous dire, cette créature était blessée. Durant sa traque, mon capitaine moi avons remarqué qu'il perdait beaucoup de sang. Il m'a suffi de toucher une trace de celui-ci pour être brûlé, comme si je plongeais mes doigts dans de l'acide... Quant à ses yeux, je ne saurais vraiment vous décrire, mais ils étaient... entièrement noirs, sans pupille... c'était assez terrifiant.
Liéneo dut attendre plusieurs secondes avant d'avoir enfin une réponse, car le vieil homme s'était figé quelques secondes. Puis, il se releva, tourna son siège vers la cheminée et se rassit, en fixant les flammes d'un air songeur. D'abord gêné, puis énervé d'être oublié ainsi, le soldat allait reprendre la parole quand le comte se décida à lui répondre.
-Mon père a défendu Jeldaria contre les démons, tu sais. Il a combattu ici-même, avec quelques centaines de soldats et a tenté de les ralentir. Il avait su profiter de la région, se cachant dans la Brume, attendant son heure pour frapper, et c'est ainsi que lui et ses hommes ont tenu plusieurs semaines avant de se retirer face à des dizaines et des dizaines de démons.
Il prit une longue inspiration, et reprit.
-Oui, mon père a affronté et tué nombre de ces créatures -les Valkreds comme il s’appelaient- mais, contrairement à lui, s'ils devaient fondre une nouvelle fois sur Jeldaria, Rimogenn sera juste devant eux, sans possibilité de se cacher.
Liéneo n'avait pas vu les choses de cette manière, mais, en effet, la cité était la plus proche des montagnes, et il ne ferait aucun doute que les démons -Les Valkreds- ne laisseraient pas passer l'occasion de la détruire...
-Malgré tout, ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus. Tu vois, quand on affronte une armée, que ce soit les Elarians au sud ou les démons du nord, il ne faut pas s'inquiéter sur les hommes qui composent l'armée, mais sur leurs généraux. C'était eux qui maîtrisaient la sorcellerie, comme celui que tu as vu dans la forêt. Ils se nommaient les Arahns. La guerre aurait été bien plus facile sans eux, tu peux me croire mon garçon.

Liéneo attendit quelque temps, afin que toutes ces atroces nouvelles rentrent dans sa tête, et regarda de nouveau le comte.
-Pourquoi ne fuiriez vous pas, vous et votre peuple?
-Fuir? Peu d'hommes veulent abandonner leur confort pour la seule raison qu'un vieil homme le leur demande. Dans mon cas, je resterai jusqu'à ma fin, ici, peu importe le sort qui m'est réservé.
Il y eut un long silence pesant, que seuls les crépitements du feu venait déranger.
-Pourquoi me dites-vous tout cela? Il faudrait plutôt alerter l'armée, ainsi que le roi...
-J'ai déjà envoyé une missive au roi. Mais il est jeune, et il ne m'a pas pris au sérieux. C'est pour ça que toi, tu vas faire quelque chose pour moi. Je veux que tu ailles le rejoindre à Liroa, ce qui te prendra, au mieux, une semaine avec mon aide.
-Seigneur, mon capitaine m'a demandé de le rejoindre à Dar Jelda, pas d'aller à la capitale envoyer un message...
-Écoute, j'ai besoin de toi pour raisonner le roi! Tu es sûrement le seul de tout le royaume à me croire. Plus j'attends, et plus les signes de la guerre approchent. Dar Jelda est sur le chemin, tu en profiteras pour prévenir ton supérieur, ainsi que l'armée...
Ne pouvant tenir plus longtemps face au comte, et comprenant l'importance de la mission, Liéneo finit par abdiquer.
-Tu partiras dès demain mâtin, continua le comte. Je te fournirai un cheval et une escorte.

Lorsque Liéneo fut couché dans un lit douillet, et qu'il fut à nouveau sec, il put enfin penser à cette histoire. Si cette créature annonçait bien l'arrivée de milliers d'autres, il devait obéir au comte et partir immédiatement avertir le roi. Il ne se sentait pas lâche, mais contrairement au comte, il ne comptait pas sacrifier sa vie aussi simplement.
De plus, s'il s'agissait vraiment d'un Arahn, lui ainsi que toute sa troupe avaient eu énormément de chance de ne pas avoir été tués par cette créature. Suivant les ordres de son supérieur et ami, Garn, il rejoindrait sa troupe dans la citadelle de Dar Jelda, puis partirait ensuite vers Liroa, ce qui s'avérait être un endroit idéal pour attendre la tempête qui se préparait au nord.
Après avoir passé une heure à cogiter, il réussit enfin à s'endormir, bercé par le brouhaha de la cité qu'il pouvait entendre à travers une petite fenêtre.


Quand le silence du milieu de la nuit, laissa sa place à une énorme explosion, Liéneo se réveilla en sursaut.
Que s'est-il passé? se demanda-t-il tout en revêtant son armure en vitesse.
Une fois sorti de sa chambre, il courut en direction de l'entrée du palais, découvrant au passage des groupes de serviteurs inquiets.
Une fois arrivé à destination, il vit un rassemblement de plusieurs dizaines de soldats, ainsi que de très nombreux citoyens qui entraient en masse dans le palais. Partout, il entendait des cris désespérés, avant de voir le comte qui arrivait à son tour dans l'entrée du palais, suivi de ses servants et de ses gardes du corps.
-Que se passe-t-il, bon sang?!
Un soldat, qui tenait une lame couverte de sang dans sa main, se présenta devant le vieil homme. Il était pâle et ses dents claquaient de sorte que Liéneo put les entendre même à travers le bruit.
-Mon seigneur, ce sont... les démons! Ils ont détruit les portes de la cité et déferlent sur la ville.
Le comte et Liéneo pâlirent tout autant que le soldat avant de se regarder entre eux.
-Lerna!
Toujours derrière son seigneur, la jeune servante, avait tout de suite répondu à son appel.
-Tu vas amener ce garçon jusqu'au «trou».
Elle voulut protester, mais se ravisa en voyant le regard de son maître. Liéneo se demandait ce que pouvait bien être ce «trou», mais réagit en voyant le comte se diriger vers la sortie du palais.
-Et vous, qu'allez-vous faire, seigneur? dit-il tout en posant sa main sur l'épaule du comte. Ce dernier s'affaissa, comme si le poids des années l'avait soudain rattrapé.
-Je dois protéger mon peuple, mon garçon. (il réfléchit quelques instants) Et toi, tu vas partir un peu plus tôt que prévu. Le «trou» te mènera à l'ouest, dans la forêt. Il te suffira d'aller vers le sud.
Il réfléchit quelques secondes, quand le comte se retourna et posa aussi sa main sur l'épaule du jeune homme.
-Liéneo, ce fut un plaisir de t'avoir rencontré. Fais en sorte que mon peuple ne soit pas mort en vain. Allez, dépêchez-vous!
Le soldat fit un hochement de tête et partit en courant, sur les talons de la servante.

Arrivé devant une vieille porte, dans ce qui semblait être l'endroit le plus abandonné du palais, Liéneo put reprendre son souffle quelques secondes, avant d'entendre une explosion, similaire à celle qu'il avait entendu avant de se réveiller.
-Il faut partir, et vite! cria Lerna tout en ouvrant la porte.
Avant d'entrer dans la pièce sombre, Lerna prit deux torches accrochées à un mur et en donna une à Liéneo.
À l'intérieur, la servante et le soldat descendirent un escalier avant de s'engager dans un couloir étonnamment étroit. Ils marchèrent d'un pas rapide pendant de longues minutes avant que le couloir ne se divise en deux.
-A gauche ou...
Lerna n'attendit pas et avança vers la droite. D'abord sceptique, il la rattrapa en courant derrière la servante.
Elle doit savoir où nous allons, se dit le soldat.
Ils marchèrent pendant ce qui sembla des heures pour Liéneo dans ce qui s'avérait être un labyrinthe sans fin, avant d'entendre des échos de pas qui semblaient venir de partout.
-Pourquoi est-ce qu'ils nous suivent? chuchota-t-il à la servante.
-Je ne sais pas, et raison de plus pour se dépêcher!
Lerna se mit à courir, assez silencieusement pour ne pas alerter leurs poursuivants, suivi de près par Liéneo.
Enfin, après avoir longuement erré dans ce tunnel, il put voir la lumière de ce qui semblait être la sortie...
Mais... il fait nuit!
Il attrapa la servante par le bras.
-Qu'est-ce que tu fais, il faut sortir, vite!
-On nous attend, dehors...
Soudain, Lerna réagit.
-Il y a une autre sortie. Retourne-toi et prends la première à gauche.
Il obéit, et passa en tête du groupe. Suivant les ordres de direction de Verna, ils s'engagèrent dans des tunnels qui semblaient de moins en moins sûrs. Liéneo eut le temps de voir d'énormes fissures qui traversaient la pierre avant d'accélérer encore le rythme, encouragé par sa peur.
Arrivant enfin à une sortie, où personne ne les attendait cette fois, il prit quelques secondes pour respirer, les mains sur ses genoux, car il était à bout de souffle.
-Tu crois qu'ils ne nous auront pas, ici?
-Aucune chance, je suis la seule, avec le comte, à connaître...
N'entendant pas la suite de la phrase, Liéneo tourna sa tête en direction de la servante.
-Lerna, quelque chose ne va pas?
-Cours...
Quand il vit une petite tâche rouge dépasser de sa poitrine, les yeux de Liéneo se dilatèrent d'effroi. Quand la fille tomba, une flèche dépassant de son dos, Il sentit une flèche siffler juste à sa gauche.
Et il courut.


Dernière édition par Revak Arahn le Ven 2 Sep - 22:29, édité 1 fois

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Re: Errant

Message par Revak Arahn le Mer 17 Aoû - 23:10

Je mets toujours beaucoup de temps à poster un nouveau chapitre, mais le voilà. Beaucoup de nouveautés dans celui-là, au point de me demander s'il était correct...
Je crois aussi, qu'à partir du sixième, je créerai un programme permettant de le lire avec plus de facilité et de confort que sur un forum... et je proposerai d'ailleurs de le faire à tous les écrivains d'Imagin, d'ailleurs, si jamais j'ai pas trop de difficulté...


Chapitre V



Alors qu'il sortait en trombe de la tente, Aerik appela à lui ses protecteurs personnels, une vingtaine des meilleurs hommes de la troupe, des vétérans ayant connu leur chef lors de la guerre d'Orlenia, loin au sud.
-Suivez-moi!
Ils s'exécutèrent sans poser de question, voyant que leur chef était déjà parti vers le grand feu central, où se tenaient la plus grande partie de ces hommes, qui se turent dès qu'ils l'aperçurent. Il n'eut aucun mal à apercevoir Jagen, assis sur un tronc d'arbre, qui engloutissait une chope de bière entière sans reprendre sa respiration alors qu'une dizaine d'hommes se massaient pour le voir à l’œuvre.
Aerik s'empressa de venir jusqu'à lui afin de lui retirer la chope des mains et la jeter par terre. Il prit ensuite son souffle quelques secondes afin que toute la troupe autour de lui entende :
-La fête est finie, les gars! Faites vos bagages, nous partons vers le sud!
Voyant que personne ne réagissait, il dégaina son épée et cria encore plus fort :
-Vous attendez quoi?!
Les hommes s'empressèrent de se lever et de courir vers leurs tentes afin de se préparer, tandis que les plus saouls d'entre eux restaient seuls, écroulés devant le grand feu. Leur chef rengaina son arme et regarda Jagen.
-Prépare les hommes, je vais voir ce qui se passe à Rimogenn.
Aerik retourna en direction de sa tente personnelle, toujours accompagné de ses protecteurs.
Il se retourna et s'adressa à ces derniers :
-Vous deux, dit-il en pointant du doigt les deux premiers du rang, gardez la sortie et veillez à ce que personne n'en sorte.

Éliana crut devenir folle, car elle se mit à rire discrètement. La journée était tellement différente de ce à quoi elle s'attendait en se levant... soudain, elle entendit un appel, derrière elle, et tourna donc la tête, tout en faisant attention à ne pas activer le collier.
-Ne regarde pas! chuchota l'inconnu derrière elle. Je suis venu te sortir de là.
La jeune femme eut du mal à croire que l'homme qui se cachait derrière le trône puisse la libérer. Néanmoins, elle n'avait pas d'autre solution : que pouvait-il y avoir de pire que de rester ici?
Elle tourna la tête droit devant elle et attendit.
-Ils ne te regardent pas. Recule discrètement derrière le trône.
Comme elle était à genoux, elle dût se mettre sur ses pieds pour pouvoir reculer. Ce fut quand elle commença à reculer qu'Aerik entra de nouveau dans la tente, accompagné d'une vingtaine d'hommes, leurs armes en main. Arrivant devant le trône, il prit un pichet de vin et le vida d'une traite, avant de s'adresser à ses invités.
-La fête est finie. Égorgez ces porcs.
Aussitôt, les hommes qui étaient entré avec lui se mirent à tuer chacun des invités, un par un, à l'aide d'une seule entaille à la gorge, tandis que d'autres bloquaient l'accès à la sortie aux fuyards.
Éliana ne put s'empêcher de fermer les yeux pour ne pas regarder la boucherie, jusqu'à ce qu'elle les rouvre, surprise par l'étouffement soudain provoqué par le collier.
-Quant à toi, je te veux en pleine forme pour le voyage. Reste là pour l'instant, je m'occuperai de ton cas tout à l'heure. Et ne tente pas de fuir, car tu sais que le collier te le ferais regretter...
Elle fixait le sol et toussotait, espérant qu'Aerik partirait au plus vite. Après quelques secondes, le chef se retourna pour sortir à nouveau, au grand soulagement de la jeune fille.

-Très bien, amenez-moi à Rimogenn maintenant.
Les hommes se dévisagèrent quelques secondes avant d'ouvrir la marche. Ils sortirent du camp et prirent la direction de la cité, au nord, malgré la nuit et le brouillard.
Il eut beaucoup de mal à avancer à travers le marais, qui, de nuit, devenait encore plus oppressant que de jour. de plus, l'eau glaciale qui s'infiltrait dans ses bottes ralentissait sa marche, contrairement à ses gardes qui étaient équipés et entraînés à marcher dans la boue.
Après un certain temps, Aerik n'eut aucun mal à discerner Rimogenn, malgré le brouillard et la nuit. Mais le phare qui, d'ordinaire, indiquait sa position n'y était pour rien : la cité entière se consumait dans les flammes, et il aurait juré avoir entendu les cris, malgré la distance qui l'en séparait encore.
En approchant de Rimogenn, le terrain se fit moins boueux, et il put se cacher derrière les nombreux champs de blé qui entouraient la ville. Aerik tenait à se rapprocher le plus possible de la grande porte, afin de vérifier les paroles de l'éclaireur. Il avait reçu de nombreux rapports de villages pillés dans la région, sans jamais y prêter attention, mais si les démons s'apprêtaient effectivement à revenir, il ne devait pas perdre de temps pour fuir vers le sud, le plus loin possible du fléau qui venait de s'abattre en Jeldaria.
Il pouvait maintenant apercevoir, en écartant les tiges de blé, la grande porte de la cité, dont il ne restait d'ailleurs plus rien, à l'exception des énormes gonds métalliques qui étaient restés fixés au mur. A l'extérieur de la cité, il pouvait apercevoir des centaines de créatures, tout droit sorties des anciennes légendes de Jeldaria, dont il devinait la carrure imposante malgré la distance qui les en séparait encore. D'autres en sortaient, un tas de cadavres humains reposant sur leurs larges épaules. Les suivant du regard, il les vit jeter les dépouilles sur le sol, devant la muraille, avec un soin étonnant. Aidé par la lumière de la cité en flammes, il put voir un nombre incalculable de ces mêmes cadavres gisant devant leur ancienne demeure.
-J'en ai assez vu, chuchota-t-il à ses hommes. Rentrons au plus vite.

Une fois revenu au camp, il aperçut une grande partie de ses hommes autour du grand feu central, attendant, leur bagage devant eux. Aerik voyait bien leur étonnement dans leurs visages : les éclaireurs en patrouille devant la cité avaient sûrement dû dévoiler la cause de ce départ. Les hommes des cuisines distribuaient des rations de nourriture à chaque homme. Une bonne initiative, pensa Aerik tout en cherchant Jagen du regard, qui avançait justement vers lui. Le chef soupira en voyant son second arriver avec une démarche légèrement titubante.
-J'ai organisé les hommes comme tu me l'as demandé. Mais que se passe-t-il?
Aerik sourit avant de répondre :
-Les démons sont de retour, ils ont rasé la cité et je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rester dans les environs.
Son second le regarda d'un air bizarre pendant de longues secondes.
-Je vais me préparer. Tu devrais faire de même.
Le chef de la troupe se retourna aussitôt en direction de sa tente.

Dès lors qu'il entra dans ses appartements, il se dirigea vers une carafe, en vérifia le contenu, et le but d'une traite. Entendant un raclement de gorge, il se retourna vivement, et aperçut un homme qui, à première vue, ressemblait à un mendiant, si ce n'était sa longue capuche grise, couvrant l'intégralité de sa tête.
Lorsqu'il voulut dégainer son épée, celle-ci resta coincée dans son fourreau. Tirant de toutes ses forces, il ne parvint pas du tout à la faire bouger. Il réagit alors en prenant son couteau, mais le jeta aussitôt, ce dernier étant devenu brûlant et rougeoyant, comme au sortir de la forge. Il essaya donc d'appeler ses hommes, mais sa gorge se rétracta subitement, comme si quelqu'un l'étranglait.
-Reste calme, si tu ne veux pas mourir.
Malgré la distance qui séparait les deux hommes, Aerik sut qu'il ne plaisantait pas. Il se calma alors, gardant une main près de son épée, au cas où...
-Je ne veux pas te tuer, alors ne me force pas.
Il testa sa voix, puis regarda le sorcier d'un air méfiant.
-Vous êtes un démon?
Il y eut un moment de silence, et l'étranger fut pris d'une espèce de toux sèche, tout en s'approchant d'Aerik. Il fallut quelques secondes à ce dernier avant qu'il ne comprenne qu'il s'agissait de son rire. Lorsqu'il arriva près de lui, ce dernier ferma les yeux, serrant les dents en attente du coup fatal, avant de sentir la main du sorcier tapoter son épaule d'un air amical.
-Écoute, je n'aime pas quand les choses se compliquent pour rien. Pas toi?
Aerik ne répondit pas, perplexe.
-Je suppose que toi aussi... alors, pour faire simple, je voudrais que tu m'aides. Je suppose que tu connais une certaine Éliana?
Entendant ce nom, il il chercha du regard sa nouvelle esclave qui était supposée l'attendre.
-Elle s'est enfuie, mais je compte bien la récupérer... elle ne s'en tirera pas comme ça. grogna-t-il en apercevant la toile déchirée de sa tente, assez grande pour laisser passer une personne. L'inconnu se mit alors encore à rire, sensation très désagréable pour Aerik.
-Exactement, elle ne s'en tirera pas comme ça. Il faut que tu envoies des hommes pour la récupérer.
Le chef des bandits tourna ses yeux vers ceux du sorcier.
-Vous la voulez?
-Oui, parfaitement. Vois-tu, elle est assez importante pour nous autres, les... (il eut un instant de réflexion) ...démons.
-Et je suppose que je n'ai pas le choix?
-Tu es malin, finalement... (il releva sa capuche, afin de regarder intensément son interlocuteur) mais je vais t'aider, ne t'inquiète pas.
Lorsqu'il put enfin voir le visage du sorcier, son sang se glaça comme jamais auparavant. De loin, il ressemblait à un vieil homme flétri par l'âge, mais en se rapprochant, on pouvait remarquer la pâleur extrême de sa peau ainsi que ses yeux, entièrement noirs. Lorsqu'il lui sourit, il dévoila des dents de carnivore jaunâtres qui contrastaient grandement avec son visage extrêmement pâle
Lorsqu'il reposa ses yeux sur ceux du sorcier, cherchant son regard sans pupille, il frissonna, comme si la température avait soudainement baissé. Il croisa les bras et se les frotta afin de se réchauffer, mais cela n'eut aucun effet.
-Laisse-toi faire et ça se terminera plus vite...
Lorsqu'Aerik comprit alors l'origine de ce froid soudain, il voulut s'enfuir, mais ses pieds restaient comme collés au sol, refusant de bouger.
S'il voulait s'en sortir, il n'avait d'autre choix que de se laisser faire comme le démon le lui conseillait... ou de combattre. Non loin, son couteau gisait sur le sol, la lanière de cuir autour de sa poignée ayant lentement brûlé au contact du fer brûlant de l'arme. Ne pouvant bouger les pieds, il plia donc les genoux afin de s'en emparer. Lorsque sa main gauche attrapa le couteau, il sentit une chaleur si intense qui, mêlée à son corps qui commençait à geler, produisit une vapeur nauséabonde. Sa main fondait au contact de l'arme, et lorsqu'il voulut la jeter sur son agresseur, celle-ci y resta collée.
-J'admire ta volonté, Aerik, mais tu ne fais qu'aggraver ton cas.
Encore à genoux, fixant sa main sanguinolente à laquelle était fixée sa lame de couteau, le grand Aerik, chef des hors-la-loi de Rimogenn, se mit à paniquer comme un enfant dans son cauchemar. S'il avait pu, il aurait pleuré, mais ses larmes semblaient avoir gelé, elles aussi. Il ne sentait plus aucune partie de son corps. Avec un effort surhumain, il leva les yeux vers son bourreau, qui le regardait avec un sourire carnassier.
-Ne t'inquiète pas, c'est presque fini...
Après ces mots, Aerik perdit la vue, ses yeux durs comme de la glace, et il sentit la mort approcher à grands pas.

Lorsqu'il se réveilla en sursaut, Aerik crut d'abord avoir vécu le pire cauchemar qu'il ait jamais connu : Les démons qui approchent, Rimogenn en proie aux flammes, et ensuite un sorcier fou qui voulait le tuer! Il se frotta le front avec son bras gauche.
Il manqua se couper de peu, voyant la lame de son couteau frôler sa tête. Ne comprenant pas d'où venait la lame, il regarda son fourreau et constata que celui-ci en avait disparu. Puis il le vit dépasser de sa main gauche, dont le poing était refermé dessus.
C'est bizarre, je me souviens pas avoir pris mon couteau...
Lorsqu'il voulut ouvrir sa main pour se le passer dans la main droite, celle-ci ne lui obéit pas. Intrigué, il regarda sa main gauche, dont certaines parties contenaient des traces de brûlures.
Soudain, il se rappela en détail son « rêve », et la panique s'insinua à nouveau. Regardant autour de lui, il ne trouva pas le sorcier responsable du couteau lié à sa main, comme si la lame faisait à présent partie de lui.
Ce qui l'étonnait surtout, c'était de ne ressentir aucune douleur en touchant sa main calcinée. Voulant retirer le couteau, il le tira fermement mais celui-ci refusa de bouger, complètement enfoncé et attaché à sa main.
Mais ne trouvant pas le sorcier dans la tente, il eut tout de même un intense soupir de soulagement.
-Je suis là!
Il sursauta, puis tourna la tête de tous les côtés, mais il n'arrivait pas à trouver l'origine de la voix qu'il entendait. Celle-ci traînait dans sa tête tel un écho. Il entendit ensuite le rire étrange caractéristique du sorcier, qui le fit sursauter de nouveau.
-Excuse-moi, mais j'ai dû partir plus tôt que prévu. Il y a quelques fuyards autour de Rimogenn et nous, les Arahns, préférons éviter toutes les fuites possibles...
-Où êtes-vous?! cria le chef, au bord de la folie.
-À la lisière des marais, mais je ne pense pas que ça réponde à ta question, répondit le sorcier avec un petit rire. Depuis peu, tu as dû remarquer quelques changements en toi, non?
-Que m'avez-vous fait?!
-Juste quelques améliorations, afin de pouvoir te diriger à distance. C'est plus pratique...
Soudain, il entendit un bruit, et un homme souleva le voile qui protégeait l'entrée de la grande tente.
-Tout va bien, chef?
-Dis lui de sortir de là, j'ai encore à te parler...
-Si vous croyez que je vais vous obéir comme ça...
-À genoux!
Soudain, une intense douleur se ficha dans le genou droit d'Aerik, qui plia sans qu'il le veuille alors qu'il se baissait.
-Tu vois ce n'est pas si difficile que ça!
Le chef de la troupe se releva péniblement et s'adressa à son protecteur, qui le fixait d'un air bizarre :
-Tout va bien, oui. Reste dehors et ne laisse entrer personne, sous aucun prétexte!
Celui-ci regarda discrètement la main gauche de son chef avant de sortir prestement.
-Bien. Je préfère te prévenir, il n'y a plus aucun espoir pour toi. à présent tu seras ma marionnette, et tu dirigeras tes hommes pour moi.
Il voulut répliquer, mais se ressaisit à temps pour éviter le pire.

-Donc, comme je te disais, je cherche une certaine Éliana. Mais elle est partie avant que je ne vienne...
Il y eut un moment de silence avant que la voix du sorcier se fasse à nouveau entendre.
-Je veux que tu fasses tout ce qui est en ton pouvoir pour essayer de la retrouver. Envoie tes meilleurs hommes à ses trousses. Fais-en ce que tu en veux après, tant qu'elle reste vivante... et en un seul morceau. Tu as compris?
-Je... je ferai ce que vous me demandez. dit-il sans le vouloir, comme s'il ne se contrôlait pas.
C'est dans un dernier rire rauque que le sorcier sortit de sa tête. Après quelques secondes afin d'apprécier le silence, il voulut pleurer, mais n'y arrivait pas, comme s'il ne pouvait plus. Il prit donc un longue cape de fourrure et se la mit sur les épaules, afin non seulement de cacher sa main meurtrie mais aussi pour tenter, en vain, de réchauffer son corps devenu froid comme celui d'un cadavre.

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