Prélude

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Prélude

Message par elm6 le Lun 26 Avr - 17:19


Les histoires du monde d'Elemsis sont issues de mon JdR papier.
Certaines d'entre elles ont été ou seront également retranscrites dans mes projets de making.

La saga romanesque se divise en plusieurs parties:

ORIGIN
-Prélude
-Le Prince et la Rose

TRIMETAL
-Lëgend
-Le Pays-Qui-N'existait-Pas

RIÏSENGUARD
-La Perle des Marais
-La Forteresse des Ombres

LÉGENDES PARALLÈLES
-Ombrelumière
-Les Conflits du Destin
-Le Flibustier
-La Dernière Croisade des Walkyries
-C.U.Ü.B
-Konségühr, la Cité de Feu
-Éternia - La Larme des Eldräs
(surement d'autres mais c'est déjà pas mal non?)

Ce post fait office de présentation, et sera suivi du très court Prélude.


Dernière édition par elm6 le Lun 20 Aoû - 10:28, édité 7 fois

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Re: Prélude

Message par elm6 le Lun 26 Avr - 17:21



Chapitre 0: Naissance

Il était, et semblerait-il qu’il soit toujours, un univers contenant maintes galaxies, qui elles-mêmes contenaient maintes étoiles, autour desquelles gravitaient maintes planètes. L’une d’entre elles… était la Terre.
Voyageons. Filons tel un zoom plus puissant que celui des meilleurs télescopes. Quittons l’infiniment grand de l’Univers, pour entrer dans l’incroyablement petit d’un salon de gîte, quelque part en Lozère, un soir d’orage.

Nous vivons là un évènement de la plus grande importance. Deux cousins sont initiés par un parent, oncle de l’un, père de l’autre, au jeu de rôle. Une simple partie de Donjons&Dragons, avec, il faut dire, le meilleur maître de jeu qu’il soit.
Puis vint la nuit, et avec elle, le sommeil, la méditation, le germe d’envies, d’ambitions.
Au matin, l’énergie retrouvée, le plus âgé des cousins, se lança dans une tâche avec entrain. Il inventa la bribe d’un monde, des personnages incomplets, des lieux mal délimités.
Une nouvelle dimension fut créée, sa lueur encore faible, ses lois mal fixées, mais aussi basique fut-il, le monde d’Elemsis existait.

Ignorons à présent les lois du temps, et voyageons, telle une caméra en action, parcourons quelques 300 kilomètres de route vers la véritable maison.
Nous voilà perdus dans un nouveau foyer. Une chambre pourtant si simple, si mal décorée, le toit de travers, et où pourtant de si nombreuses aventures extraordinaires furent vécues.
Toujours deux cousins, par la proximité plus que par le sang, l’un persistant, l’autre changeant. Au fil des années, des histoires racontées, Elemsis s’étoffait. De plus en plus, Elemsis existait.

A présent, voyageons encore, et quittons l’espace matériel, pour entrer dans le domaine spirituel. Nous pénétrons dans cette dimension, si réelle dans la fiction, qu’est notre imagination. Là où naquit ce monde, qui y persistera tant qu’il en restera un pour le penser, tant qu’il en restera un pour ne pas l’oublier.
La matière du rêve tournoyait dans le vide, et à son centre, donna naissance à un homme.
Elle lui parla :
« De mon pouvoir, de mon existence, tu disposeras. Mais nul dieu tout-puissant je ne souhaite en ce monde, voici donc mes Commandements :
*Tel un architecte brillant, sers-toi de moi pour construire un univers dans l’infiniment grand. Crées-y une planète principale, à laquelle toutes sont reliées, par un couloir sans fin, ou du moins, qui le paraîtrait.
*Vois le pouvoir d’Imaginer, et offres-le à un enfant au cœur bon, qui en a la nécessité.
*Vois le pouvoir de destruction, et fais porter ce fardeau à celui que tu jugeras le bon.
*Vois le pouvoir de contrôler les destinées, et divises-le en deux, l’incluant à deux êtres entièrement opposés, qui dans leur combat, l’équilibre feront régner.
*Pour finir, toi qui es le premier maître de ces lieux, imprègnes-toi du rôle du Justicier.
Après quoi, prends garde à toi. Tu es le plus puissant, mais nulle part il n’est dit que tu le resteras. »

Après ces mots, plus jamais la matière ne s’exprima.
Suivant les Commandements, le Justicier construit, le Justicier régna.

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Dernière édition par elm6 le Dim 22 Aoû - 11:18, édité 1 fois

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Re: Prélude

Message par elm6 le Lun 26 Avr - 17:24

Chapitre 1: Le règne des Eldräs

Le ciel était bleu sur ce monde propice à la vie qu’était Elemsis. Dépourvu de nuages, un vent chaud, l’annonce d’un printemps agréable. Perchée sur son dragon-dräs, Solaria observait sa terre avec fierté. Elle voyait une plaine verdoyante. Au loin, des pins majestueux formaient une immense forêt. Des fleurs multicolores poussaient jusque sur les rochers. La mer était colorée de son bleu plein de mystères, des mystères bien calmes à en juger par l'absence totale de vagues. Sur la côte, le sable prit une couleur dorée, formant de petites dunes d'où dépassaient par endroits des pics formés d'un métal cristallin reflétant les rayons de soleil et les découpant en une multitude de magnifiques arcs-en-ciel, ce spectacle s'étendant jusque sur l'horizon, là où la grande bleue rencontre le soleil levant, comme si celui-ci prêtait le bonheur au monde et que le monde le lui rendait pendant un cycle sans fin...Elle cligna des yeux. Son mari, Draken, une légende vivante parmi son peuple, l'attendait. Solaria murmura doucement quelques mots à son dragon-dräs blanc, et il battit des ailes, les propulsant ainsi tous deux au travers des cieux à une vitesse vertigineuse. Après quelques minutes d'un vol dont la célérité ne permettait pas à un œil normal de distinguer les détails alentours, le dragon-dräs, ou plutôt la dragonne, ralentit. Solaria put alors admirer de nouveaux une représentation de ce que nous appellerons plus tard la beauté. Mais une beauté très différente de celle qu'elle admirait précédemment. Ici, il s'agissait d'une ville. Une ville si majestueuse, si étrange, qu'elle ne semblait pas être l'œuvre de mortels. A son centre, une tour. Une tour entourée d'une aura magique. Une tour si grande que l'on n’en voyait pas le sommet, si immense qu'elle dépassait les nuages les plus hauts. Construite de telle manière que son pic s'arrêtait à l'extrême limite de l'atmosphère, donnant une vue sur une face du monde toute entière par ciel découvert. Puis, autour de cette merveille se dispersaient de larges forteresses de marbre. Ainsi s'étendait, sur des kilomètres, la capitale de la puissance Eldräs : Eternia. Le dragon-dräs se posa et Solaria mit pied à terre.

Elle s'avança ensuite vers le Grand Palais. Les battants des portes s'ouvrirent instantanément. A l'intérieur, dans le hall, se tenait Draken. Il était de taille moyenne, possédait de longs cheveux d'un noir obscur et avait revêtu une cape toute aussi sombre. Son visage était légèrement pâle et ses yeux brillaient d'un gris ténébreux. Cet individu était tout à la fois, il incarnait la beauté et la puissance, mais aussi le danger. Il inspirait le respect et l'admiration, puis la peur. Il était la cruauté qui devient parfois bienveillance, le constructeur capable de devenir le destructeur, l'ennemi que l'on craint ainsi l'ami sur qui l'on peut compter. Celui qui fait ce qu'il a à faire sans hésiter. Celui qui est sans pitié mais pas sans amour...
« _Tu es enfin là, Solaria...
_Désolée pour le retard.
_Ce n'est rien... allons-y. »
Ils avancèrent de quelques pas pour entrer dans une nouvelle salle, immense. Il y avait déjà une centaine d'autres Eldräs à l'intérieur. Trois se tenaient au centre. Draken se plaça à leur côté tandis que Solaria rejoignait les autres. Ils attendirent jusqu'à ce que plus personne n'arrive. Alors que Draken s'apprêtait à prendre la parole, Solaria lui chuchota à distance:
« _Et ton frère? Il ne devait pas être ici lui aussi?
_Si, mais on ne peut l'attendre indéfiniment! »
A peine eut-il fini de dire ces mots que les portes de la salle s'ouvrirent de nouveau. Un Eldräs s'avança. Il était de grande taille et revêtait une longue tunique grise recouverte d'armures argentées, le tout dissimulé sous une cape noire qui raflait presque le sol. Ses cheveux étaient blancs et lui tombaient quasiment jusqu'à la taille. On pouvait lire sur son visage les traits de la jeunesse et ses yeux bleus reflétaient une intelligence cachée. Il portait dans le dos un long katana.

L'Eldräs pénétra dans la pièce et rejoignit Draken au centre. Ce dernier prit la parole:
« Cher peuple, puissants confrères, je suis heureux de vous voir tous réunis ici en ce jour mémorable ! »
Le foule clama son approbation.
« Nous avons bâtît un empire, le plus puissant, le plus large que l’Univers ai connu ! »
Nouvelle approbation des Eldräs.
« Cependant, il faut y ajouter aujourd'hui la dernière touche… »
La salle se fit silencieuse.
« Car qu'est-ce qu'un empire... sans empereur? »
Il fit volte-face, et d'un geste de main, d’une pensée, il fit apparaître un imposant trône d'or massif. Il regarda de nouveau la foule.
« Je pourrai m'asseoir sur ce trône tout de suite… et me proclamer votre chef. »
Tout le monde resta silencieux.
« Mais ce n'est pas ainsi que l’on procède. Nous avons bâtît cet empire ensemble, nous tous ! Et chacun y a les mêmes droits. C'est pourquoi, chers amis, vous allez décider, maintenant, qui sera votre chef! Vous allez choisir parmi les cinq personnes qu'il y a au centre de cette salle celui que vous voulez suivre jusqu'au bout, celui qui vous paraîtra être le mieux placé pour diriger notre empire et le faire prospérer… jusqu'à la fin des temps! »
L'attention du peuple redoubla.
« Que les candidats parlent ! »
Le premier candidat au trône s'avança. Il portait une cape verte émeraude et des cheveux assortis. Ses yeux étaient d'un marron assez foncé et il portait dans le dos une lance à double pointe.
Le peuple s'écria: "Vive Kyn, l'Eldräs Emeraude!".
« Merci, merci, répondit celui-ci. Chers confrères, ma volonté est simple : faire prospérer notre peuple à travers les âges, dans la paix et la bonne humeur. Mon programme viserait à éviter toute effusion du sang de notre race pour des combats inutiles. Je propose donc une ère de confort dont les seules luttes seront celles pour notre défense et les bagarres d'enfants! Pourquoi chercher à avoir des problèmes alors que l'on s'en plaint lorsqu'ils sont là? Voilà ce que je pense de la guerre. »
Il y eu une ovation de la foule. Kyn salua et rejoignit les autres. Puis vint le tour de Kesh, l'Eldräs Rubis et de Kaïne, l'Eldräs Saphir. Les deux étaient cousins avec Kyn et avaient été élevés ensembles. Leurs idées étaient donc de ce fait assez proches. Chacun reçut une ovation. Vint alors le tour de l'Eldräs aux longs cheveux blancs.
« Mes chers frères! Vous fierez vous à des paroles aussi fausses que celles prononcées par ces trois lâches! Non ! Le peuple Eldräs est un peuple guerrier qui a hérité de pouvoirs sans limites! Nous ne sommes pas faits pour la paix! Pourquoi naîtrions-nous si fort si notre destin était de vivre en harmonie avec tout le monde? Nos créateurs nous ont clairement mis au monde pour que nous nous battions, et que nous exterminions les races inférieures qu'ils ont créé. Nos créateurs ont enfin réussi à faire voir le jour à l'ultime forme de vie...nous, et ils nous serons infiniment reconnaissant si nous les débarrassons de ces expériences ratées que sont les autres! Alors nous allons voler vers la gloire et détruirons toutes les créatures que nous rencontrerons ainsi que leurs mondes souillés! Nous purifierons l'Univers tout entier! »
Tout le monde resta silencieux, mais on pouvait voir dans les yeux de chacun une petite flamme s'allumer, parfois celle de l'avidité de pouvoir et de gloire, chez d'autres celle de la fierté, et enfin, comme chez Solaria, celle de la peur. Cette dernière lança un regard suppliant à Draken, comme si elle le sommait d'obtenir la couronne, comme si elle priait pour qu'il arrive à l'arracher au funeste destin que lui réservait son frère.
L'Eldräs aux cheveux blancs se retourna vers les autres et rentra dans les rangs, un petit sourire au coin des lèvres. Draken s'avança à son tour.
« Mes amis, le discours que vous venez d'entendre a du vrai... pourquoi serions-nous nés si forts si nous étions fait pour être un peuple pacifique... »
Solaria ouvrit des yeux ronds et se raidît, son mari soutiendrait-il vraiment la vision de son frère ?
« Cependant… sommes-nous obligés de prendre notre devoir ainsi et d'exterminer toute autre forme de vie? »
Elle se détendit, il mesurait ses paroles, pas de quoi s'inquiéter.
« Pensez-vous que nos créateurs nous aient créés pour dans ce but? Non, je ne suis pas de cet avis! S’ils veulent que nous le fassions, et bien il faudra qu'ils le demandent de manière plus explicite qu'en semant des hypothèses douteuse dans nos esprits. Non... mon projet est de nous installer sur ce monde confortablement, comme le voulaient nos trois premiers candidats, mais de nous lancer également dans les étoiles pour agrandir notre empire, nous nous emparerons des planètes qui nous intéresserons. Nous exterminerons les races qui s’opposeront à nous mais laisserons en paix celles qui ne cherchent pas à nous gêner. Nous pourrions même nous allier avec certaines, et en soumettre d'autres. Réfléchissez à mon idée. Tout le monde peut y être satisfait, ceux qui veulent la paix… comme ceux qui aiment la guerre! »
Il y eu une multitude d'ovations.
« Pour ceci, vous n'avez qu'une chose à faire, criez mon nom et donnez moi l'autorité suprême! Proclamez-moi… empereur! »
Alors, à l'unisson, la totalité de la foule se leva et s'écria :"Vive Draken, l'Empereur des Eldräs!".
Tandis que Draken s'assaillait sur le trône, Kyn lui-même créa la couronne et la déposa sur la tête de son nouveaux maître.
« Pour tout t’avouer, lui dit-il, je préfère encore que ce soit toi !"
« Merci, Kyn... mon ami. »

Pendant toute cette agitation, personne n'accorda la moindre attention à l'Eldräs aux cheveux blancs... malheureusement. Son sourire en coin s'était effacé dès que Draken avait reçu les ovations du peuple. Sa main droite tremblait de la colère qu'il éprouvait. Ses yeux bleus perdirent leur éclat et virèrent au rouge, révélant son vrai visage. Il serra le poing de la main qui tremblait et regarda la foule, plein de haine. Solaria croisa son regard et cria, Draken fut alerté et le vît lui aussi... trop tard. Une grande explosion ravagea la salle. Le palais était en feu. Plusieurs dizaines de corps gisaient au milieu du chaos, morts. Les survivants se tassèrent près du trône, apeurés. Au milieu des flammes dansantes se tenait l'Eldräs aux cheveux blancs. Son sourire en coin était revenu, plein de haine, rassasié par la vengeance, accompagné d'un rire glacial, sans joie, le rire d'un démon. Il se retourna et traversa le brasier sans subir la moindre brûlure, puis il ne fut plus qu'une ombre à l'intérieur du spectacle rougeoyant, une ombre qui s'éloignait. Draken se leva et cria:" Jördmündgän!". Il tomba à genoux et pleura, son visage enfouit dans ses mains. Solaria s'agenouilla à ses côtés et le prit par les épaules. Il hurla.
« ... Jördmündgän... pourquoi?... pourquoi as-tu fais ça?!...pourquoi? JÖRDMÜNDGÄN!! »

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Re: Prélude

Message par elm6 le Lun 26 Avr - 17:30

Chapitre 2: Chute de l'empire

Soixante anckels[1] ont passé depuis le couronnement. L'Empereur Draken s'est ressaisit de la peine que lui avaient causées les actions de son frère et a fait prospérer l'Empire des Eldräs à travers les étoiles. Il déclara Jördmündgän officiellement banni de leur race et avait donné l'ordre de l'abattre à vue. Mais ce fut inutile, car Jördmündgän ne revint pas. Le peuple de Draken vécut mêlant paix et guerre, voyages et conquêtes des dickels[2] durant. Jusqu'à ce jour, ce jour fatidique qui marqua la fin de la tranquillité de l'Empire.
Une cité flottante venant du fin fond de la galaxie, s’approchait depuis peu, inexorablement. De par sa couleur, les Eldräs la surnommèrent la "Cité Blanche".
A présent, elle était toute proche, juste derrière la première lune d'Elemsis, et était visible à l'œil nu.

Ce jour là, tandis que Draken gérait ses affaires dans le Grand Palais, quelque chose perça l'atmosphère avec violence et l'on vit un trait de lumière blanche filer à une vitesse vertigineuse sur Eternia. Lorsque la chose fut à quelques centimètres du sol, elle s'immobilisa soudainement. Une créature d'aspect Eldräs se posa délicatement sur le sol. Elle possédait de surcroit deux magnifiques ailes blanches et son corps était recouvert d'armures d'argent. Son visage était dissimulé par un casque semblable aux armures et une lueur quasi solaire s'échappait des fentes destinées à ses yeux. La créature portait également une épée qui semblait constitué de pure lumière dans sa main droite. Elle s'avança vers le Grand Palais. Elle y pénétra et continua tout droit, jusqu'à la salle du trône. Là, elle trouva Draken. Elle s'avança jusqu'à trois mètres de lui et s'arrêta, sans s'incliner. Draken, surpris, se leva:
« _Qui es-tu, et que me veux-tu, étranger?
_ Mon nom est Métatron, créature inférieure!
_Comment oses-tu insulter ainsi l'empereur ! intervint un garde, outragé."
L'arrivant ne tint pas compte de l'interruption, et se contenta de toiser l'Eldräs qui l'avait interrompu comme s'il s'agissait d'une tâche sur ses armures. Draken répondit:
"_La créature inférieure peut-elle demander d'où vient le moustique qui s’introduit dans sa demeure?
_Nous… allons dire que je n'ai rien entendu... vous serez suffisamment punis, ajouta l’intru pour lui-même. Je viens d'Asgôrd pour vous transmettre personnellement un message.
_Asgôrd...?
_Oui, la "Cité Blanche", comme vous l'appelez.
_La Cité Blanche... j'avais l'intention de m'y intéresser tôt ou tard... et donc?
_Cette cité est peuplée de créatures comme moi. Nous nous appelons les "Walkyries"[3] . Cette majestueuse ville qu'est la notre est dirigée par neuf princes...les Neuf Princes Blancs d'Asgôrd: moi et mes frères: Gall, Emaris, Jesra, Otori, Zéphyr, Heimdall, Alias et Löski.
_Que suis-je censé comprendre...?
_Que nous sommes supérieurs...et que vous nous gênez!
_Hé bien, messager, rapporte donc à tes maîtres..."
Draken fut interrompu par la créature d’aspect angélique.
"_Ha! Ha! Ha! Mes maîtres...je n'ai pas de maîtres, je suis Métatron, le prince le plus influent et le plus puissant de la Cité des Cieux. Croyez-vous vraiment qu'un messager serait venu ici en étant certain de revenir chez lui en pièces détachées... non, je suis venu vous avertir de votre destin, c'est tout.
_Et par conséquent, si je te fais tuer, Asgôrd perd son membre principal.
_Vous ne pouvez pas me tuer...personne ne le peut! Car on ne peut tuer un dieu!
_Vous n'êtes pas les créateurs, arrêtez vos balivernes.
_Nous ne sommes pas les créateurs, c'est vrai, et vous existiez avant nous, mais nous voilà, tout d'un coup, plus puissants que vous, et immortels...que sommes-nous sinon des dieux!?
_En quoi les Eldräs vous gênent-ils?
_En vérité, c'est le simple fait de votre existence qui nous gêne. Une race dont la force est si proche de la notre nous déplait... alors je vous somme de partir très loin de cette galaxie, dans un autre Univers si possible. Nous convoitons votre planète et nous nous en emparerons, d'une manière ou d'une autre. Nous vous offrons un répit : partez, et vous survivrez ; restez, et vous mourrez...
_Jamais nous n'abandonnerons Elemsis!
_C'est votre choix... à présent, je m'en vais... nous nous reverrons le jour de ta mort !
_ Crois-tu que tu partiras aussi facilement? Je ne suis pas facilement dupe et ne suis pas près à croire que le premier pigeon qui entre dans mon palais est un dieu!
_C'est bien dommage...
_ Abattez-le! S’écria l’empereur.»
Cinq Eldräs firent soudain irruption dans la salle, une lance à la main et fondirent vers le Prince Blanc. Ils l'attaquèrent à plusieurs reprises lors d'attaques synchronisées, dans un tourbillon de lances, et Métatron repoussa chacun de leurs assauts. Sa lame décrivit un cercle et quatre des cinq gardes se retrouvèrent à terre. A peine se relevaient-ils qu'un éclair de lumière tombait sur chacun d'entres eux. Il n'en resta plus que de petits tas de cendres. Le dernier n'eut pas le temps de comprendre ce sui se passait, une éblouissante lumière aveugla tout le monde. Lorsqu'elle se dissipa, l'Eldräs avait l'épée de l'ange à travers le cœur. Il glissa le long de la lame et tomba à terre. Il ne bougea plus.
"Voilà le prix de ton acharnement, Draken... et souviens toi... la prochaine fois que nous nous verrons, c'est toi qui sera à la place de ces hommes... ."
Il y eu une détonation et Métatron s'envola, détruisant le toit du palais. Il s'éloigna en dehors de l'atmosphère tandis que les débris emplissaient la salle du trône.

Deux jours plus tard, le palais fut restauré et Draken tint un grand conseil.
« Cher peuple, des dickels durant, notre empire prospéra... nous parvînmes à maintenir la paix sur Elemsis et à étendre notre territoire dans la galaxie. Bien des races s'opposèrent à nous, mais aucune ne nous créa jamais de réelle inquiétude. »
Aucune réaction pour le moment.
« Et bien, mes frères, je dois malheureusement vous annoncer que cette ère est révolue. Des ennemis sont apparus, plus puissants que tous ceux que vous ayez eus à affronter jusqu’à présent. Et ces ennemis sont là, tous proches, dans la Cité Blanche. Ils sont là et nous narguent. Ils sont forts et se prennent pour des Dieux! Et ils osent nous menacer pour nous forcer à quitter notre beau monde! »
Il y eu des murmures. De l'agitation. Draken reprit:
"Eldräs! Laisserons-nous une race nous surpasser ? Abandonnerons-nous lâchement la Ville Eternelle aux mains d'ennemis, de faux dieux avides de pouvoir ? Non!! Nous nous battrons! J'irai donc moi-même à la Cité d'Asgôrd et défierai les Neuf Princes Blancs. Et je les détruirai, un à un, jusqu'à ce que les Walkyries se plient devant l'Empire comme l'ont fait tous les autres êtres vivants qui ont croisé notre route! »
Le peuple applaudit: « Vive l'Empereur Draken!! »
Telle était la nature Eldräs. Téméraire, courageuse. Obstinée.

Ainsi, après quelques jours de préparation, Draken sortit du palais et enfourcha son dragon-dräs noir. Solaria vint le trouver avant son envol:
« _Sois prudent, Draken!
_Ça risque d'être difficile, Solaria. Ils sont forts, très forts, et loin d'être idiots.
_Promets-moi de revenir!
_Je refuse de te faire une promesse que je ne pourrai tenir...
_Fais-la quand même, Draken... pour moi!
_Très bien, je te le promets...
_Je t'aime...
_Moi aussi. »

Elle s'écarta. Le dragon-dräs battit des ailes et prit son envol. Très vite, il sortit de l'atmosphère et pénétra dans l'espace. Il regarda vers la lune la plus proche, Asgôrd s'était encore rapprochée et était à présent plus proche que celle-ci. Draken continua son vol. Deux heures plus tard, il pénétra dans l'atmosphère de la cité. Il atterrit devant la porte, des gardes de la citadelle tentèrent de l'intercepter. Le dragon-dräs donna une violente impulsion et renversa les deux anges tandis qu'il passait la porte en la réduisant en charpie grâce à sa vitesse. L'alerte fut donnée dans la cité. Des garnisons de soldats aux ailes blanches volèrent dans les rues pour lui donner la chasse. L'Eldräs tendit son bras et des rayons de ténèbres s'en échappèrent. Il y eu une explosion qui détruisit une partie de la ville flottante. La panique s'ensuivit chez les Walkyries. Draken poursuivit sa route. Il se rendit dans les Jardins Suspendus, qui flottaient mystérieusement devant le Palais, le centre du gouvernement de la Cité Blanche. Alors, au milieu des allées verdoyantes des jardins, il se trouva face aux Neufs, Métatron au centre. Ils étaient postés là, comme s'ils l'attendaient.
« _Je me doutais que tu viendrais, lança Métatron.
_ C'est donc lui, le minable qui dirige les Eldräs? commenta un autre.
_C'est bien lui, Löski. »
Les Princes Blancs ricanèrent. Celui qui s'était fait appeler Löski prit la parole.
« _ Draken... le seul fait de t'opposer à nous est la preuve de ta folie, mais... tu n'es quand même pas venu seul?!
_Je n'ai besoin de personne pour vous régler votre compte. »
Mi-surpris mi-amusé, Métatron sortit du rang que formaient les Princes Blancs.
« _ Je vais t'accorder un combat singulier, Draken! Prends ceci comme l’unique cadeau que je t'aurais fait.
_Je vous combattrez tous en même temps, Métatron, mon but est de vous détruire chacun votre tour, et je ferai d'une pierre neuf coups.
_Tu pousses ton courage trop loin, Eldräs. Et bien, vas-y, le compromis nous plait : à toi l’honneur, à nous la victoire ! »

Draken sortit sa sombre lame. Son dragon cracha une boule de feu sur l'ange le plus à gauche, Otori. Le Prince Blanc fut pris dans le brasier, il hurla, et finit par tomber.
« Les dragon-dräs sont-il donc si puissants... ? murmura Löski. »
Draken s'envola soudainement, Emaris et Gall le suivirent dans les cieux, Emaris devant. L'Eldräs évita l'épée d'Emaris et lui plongea la lame noire en travers du corps. Le dragon continua à monter et assena à Gall un puissant coup de queue, celui-ci le reçut de plein fouet et s'écrasa au sol dans un grand bruit. Déjà, trois Princes Blancs étaient hors combat. Le monstre noir redescendit soudain en piqué alors que Heimdall prenait son envol et Draken le décapita au passage lorsqu'ils se croisèrent. Il lança une vague de ténèbres en direction du sol et entendit un bruit derrière lui, Zéphyr avaient anticipé son attaque et s'était envolé. L’Eldräs para un coup mortel en direction de sa nuque et se mit debout sur les écailles sombres. Il esquiva un nouveau coup, en direction de sa tête cette fois, de sa main libre toucha l'ange et lui fit subir une décharge électrique magique qui le paralysa. Il recula et l'embrocha avec son épée, puis lui mit un coup de pied destiné à s'en débarrasser. Le corps sans vie tomba dans le vide. Le dragon-dräs arriva à ras du sol et vola jusqu'à Alias, qu'il attrapa dans ses serres et projeta violemment contre la muraille de la cité. Draken concentra ses ténèbres et l'acheva dans un éclair noir. Jesra profita du moment d'inattention de l'Eldräs pour attaquer, mais la bête noire lui asséna un coup d'aile qui le propulsa à plusieurs mètres. Draken disparu soudain, réapparaissant brusquement devant son ennemi, dont il transperça le cou. De la même manière, il réapparut sur sa monture. Löski se montra soudain juste devant lui et arma un coup que Draken n'aurait pu parer. Mais il fit l'erreur de se trouver trop près des dents de la bête ailée, qui le broyèrent en un instant.

Il n'en restait plus qu'un. La monture avança vers l'ennemi. Métatron, contre toute attente, riait.
« _Pas mal du tout, Draken, vraiment. Tu es de loin le plus puissant ennemi que j'ai eu. Mais tu ne me donnera tout de même pas l’occasion de me distraire! »
Il se déplaça soudainement. Avant que l'Eldräs puisse faire un geste, Métatron apparut sur la droite de la monture, il fit apparaître un concentré de lumière circulaire et le laissa filer. Le dragon-dräs fut projeté jusqu'au mur du château, qui se brisa sous le choc, et Draken fut désarçonné. Il se releva tant bien que mal, jetant un œil vers son fidèle compagnon. La bête était immobile. L'Eldräs sentait que le dragon était en vie, mais il était trop faible pour continuer à l'aider. Il ramassa donc son épée qu'il avait perdue pendant sa chute et s'avança vers Métatron. Il tenta de lui asséner une multitude de coups, utilisant toute sa force, son adresse et sa ruse... et le Prince Blanc les para tous avec une facilité effrayante. Il l'attaqua alors d’un rayon de ténèbres. Métatron disparut. Draken se retourna trop tard et reçut de plein fouet l'aile de la Walkyrie, juste derrière lui. Métatron rit de nouveau.
« N'admettrais-tu donc pas que ton adversaire est supérieur même quand les preuves dansent sous ton nez, Draken? Ha! Ha! Ha! »
Derrière lui, huit ombres approchaient. Les Princes Blancs qu'il venait de tuer le regardaient, riant eux aussi, sans la moindre égratignure.
« N'admettras-tu donc pas que nous sommes des dieux même après avoir eu la preuve de notre immortalité!? »
Métatron s'avança vers l'Eldräs qui se relevait malgré sa surprise.
« A présent, incline-toi devant la mort, Eldräs des Ténèbres! »
Il frappa de son épée de lumière si vite qu'il parut ne pas avoir bougé. Draken ne put réagir. Il se fit entailler à l'épaule droite, à la hanche et se trouva désarmé tandis qu'il était jeté à terre par un revers de lame. Alors... là... quand tout semblait fini, un bruit sourd se fit entendre. Le dragon-dräs se relevait au milieu des débris. Il regarda en direction de son maître et pris son envol avec célérité, l'attrapant et le plaçant sur son dos au passage. L'Eldräs fit un geste et son épée s'envola jusqu'à rejoindre le creux de sa main tandis qu'il perçait à nouveau l'atmosphère pour rejoindre Elemsis.
« _Alors, que fait-on? demanda Löski.
_Demain, nous irons sur ce monde et nous nous y imposerons comme divinités. Nous vivrons ainsi des millénaires durant, vénérés par des centaines de races, peut-être des milliers! répondit Métatron.
_Et pour Draken, doit-on le poursuivre?
_Draken? Non, ne t'inquiètes pas, lorsqu'il arrivera sur son monde et découvrira ce qu'il s'y est passé en son absence, il regrettera de ne pas être mort ici! »

*

Pendant ce temps, sur Elemsis. Les Eldräs patrouillaient dans la ville, surveillant les mouvements suspects. Ils étaient nerveux, et attendaient avec appréhension des éventuelles nouvelles de Draken.
Soudain, il y eu un bruit sourd, et les cieux tremblèrent. Un grand dragon-dräs noir apparut, avec son cavalier. Il y eu des hurlements de joie: « Draken est de retour! Il est vivant! »
Puis une explosion. Des dizaines de bâtiments s'écroulèrent et un feu était apparu, se propageant de plus en plus vite. Un Eldräs, Garlord, également surnommé "la Brute", s'avança aux côté des gardes.
« Il y a un problème, dit-il. Le dragon-dräs de Draken n'est pas aussi grand. »
Le cavalier mystérieux se posa. Il avait de longs cheveux blancs et revêtait des armures d'argent recouvertes par une cape sombre.
Garlord et les autres Eldräs reculèrent terrifiés. Il y eut une nouvelle explosion, à présent, la moitié de la ville était en flamme. L'inconnu leva les yeux et laissa apparaître des yeux rouges.
« Enfin... l'heure de la vengeance... a sonné! »
Une dizaine d'Eldräs surgirent d'une rue adjacente.
Garlord s'écria: « Abattez-le, c'est le Traître! »
Les hommes obéirent immédiatement.
Celui aux cheveux blancs ricana et sortit tranquillement son long katana. Les cinq premiers gardes furent avalés par le monstrueux dragon noir. Les cinq autres sautèrent et attaquèrent. La lame fit trois mouvements. Ils étaient à terre, démantelés.
Garlord et son dragon reculèrent.
"Jördmündgän...".
Il y eu un éclair, et le long katana se retrouva planté dans la tête du dragon tandis que la tête de l'Eldräs roulait sur le sol. Il y eut un tremblement de terre, puis le reste de la ville s'effondra. Jördmündgän s'envola au dessus des ruines. Une concentration énergétique illumina sa main et fila vers le sol. Tout explosa. Il devint impossible qu'il reste des survivants dans les ruines. L'Eldräs banni, s'éloigna en direction des plaines. Solaria s'y trouvait, et là serait sa véritable vengeance. Il vola vers elle. Mais lorsqu’il l’aperçut, trois dragon-dräs firent irruption devant lui, un rouge, un bleu et un vert.
« _Kesh, Kaïne et Kyn... quelle heureuse surprise, cracha Jördmündgän.
_Tu es allez trop loin deux fois à la suite, traître. Nous ne te laisserons pas t'approcher de Solaria. Il te faudra nous passer sur le corps avant!
_J'avais l'intention de la faire de toute manière... »
Un combat inéquitable s’ensuivit. L'Eldräs du Mal élimina dès le départ les dragons de ses adversaires. Les trois bêtes s'écrasèrent au sol. Les trois frères, pleins de colère et de peine, redoublèrent leurs efforts. Ils attaquèrent sans relâche. Mais Jördmündgän para tous leurs assauts et riposta. Ils s'en tirèrent avec chacun une blessure. Ils revinrent à la charge. Kesh frappa au visage, et son ennemi dévia sa lance de l'avant-bras, profitant de l'occasion pour lui planter son arme en travers du corps. Au même moment, Kaïne lui visait le cœur. Jördmündgän fit un pas en arrière au dernier moment. Kaïne le manqua se fit empaler par le katana géant, volontairement mis sur sa route. Puis Kyn attaqua par derrière. Il était évident que le coup ne serait pas paré. Mais alors, au lieu de s'enfoncer dans la chair de l'ennemi, sa lance fut prise dans une sorte de boule noire et fut aspirée dans le néant. Jördmündgän fit faire un demi-tour à son sabre et frappa derrière lui sans même se retourner, atteignant Kyn en plein cœur. L'ancien Eldräs fit volte-face et marcha vers Solaria, qui avait hurlé en voyant l'affrontement. Mais il fut interpellé par les trois agonisants.
« Tu ne t'en tireras pas ainsi, Traître... . Tu sais que nous pouvons nous faire exaucer certains souhaits avant de mourir. Nous te maudissons, Jördmündgän, et reviendrons, à travers nos descendants, ou ceux qui hériteront de ces terres, te faire payer ta dette. »
Sur ce, ils tombèrent face contre terre et poussèrent leur dernier soupir.
L'Eldräs du Mal s'approcha de Solaria. Elle avait les larmes aux yeux et reculait, son épée blanche brandie.
« _Ne t'approches pas de moi! Pars!
_Il est trop tard, Solaria, tu ne peux plus échapper à tout ça. On ne peut plus revenir en arrière. Cette race est morte.
_Non!! Traître! Espèce de lâche!! »
Elle l'attaqua de plein fouet avec fureur. Jördmündgän exécuta une violente parade et elle se retrouva à terre, quelques mètres plus loin.
« _Non! Hurla l’ancien Eldräs. Je ne te laisserai pas, surtout pas toi, dire que je suis un lâche et un traître! Pas toi!! C'est vous qui m'avait trahi, toute la race Eldräs, et en particulier toi et ton frère!!
_Que...?
_Qu'imagines-tu, Solaria, que cette planète est venue à nous toute seule? Que l'Empire s'est créé seul!? Non... alors que nous en étions tous à errer dans l'espace sans planète fixe, comme des oiseaux ayant perdu leur nid et que nous nous contentions d'exterminer des ennemis faibles, deux Eldräs découvrirent le monde d'Elemsis et s'aperçurent qu'il contenait une énergie vitale impressionnante. Ils pensèrent que c'était le monde préféré des Créateurs. Mais ils n'en revinrent jamais. Intrigué, je décidais de m'y rendre... car se monde n'était pas vide comme vous le prétendiez, non... c'est moi qui l'ai vidé. Il était peuplé d'une forme de vie très particulière. Des adversaires bien plus puissants que les minables dont vous vous contentiez tous. Les deux Eldräs qui avaient découvert la planète n'avaient aucune chance face à eux. Ils étaient des milliers, des milliers d'êtres capables de contrôler la matière même de la vie... de l'ôter comme de la rendre, voire de l'échanger, ce d'une seule pensée. Alors, je me suis rendu sur ce monde... et je les ai détruits...tout comme j'ai exterminé les Eldräs ce soir.
_Non... tu mens! Pourquoi... pourquoi nous haïs-tu ainsi... ? .
_Pourquoi Solaria? Laisse-moi donc finir ma petite histoire. Après m'être assuré qu'il n'y avait plus aucun survivant, j'ai utilisé mes pouvoirs pour créer Eternia, votre chère capitale. Puis, j'ai remarqué une énergie incroyable. Cherchant à savoir d'où elle provenait, j'ai découvert qu'elle s'échappait des corps des contrôleurs de vie. Je l'ai alors réunie en grande quantité, et j'ai décidé de l'utiliser. Je l'ai absorbée. J’étais alors capable de choses qu'aucun Eldräs ne pourrait jamais faire. Je décidais d'en tester les effets. Démarrant en beauté, j'ai créé la Tour Eternelle, lieu de mystère qu'aucun ne peut détruire. Un lieu où le temps lui-même n'a pas accès. Enfin, je revins chercher mon peuple, et le persuada de venir s'installer sur Elemsis.
_Non...
_Si, Solaria, si. Ma colère n'est pas sans raison. J'ai créé un Empire, j'ai fait des Eldräs une race supérieure aux autres. Je vous ai tous hissés plus haut que vous ne seriez jamais parvenus. Je vous ai offert la planète préférée des Dieux Créateurs... et vous... vous n'avez même pas daigné me donner le privilège de vous diriger, après tout ça. Et c'est moi que l'on appelle traître!?
_ Je...je ne savais pas...
_Tu ne savais pas...ah oui? Draken savait!! Mon propre frère, et il m'a trahi !
_Il a été élu, Jördmündgän, il ne t'a aucunement trahi!
_Tais-toi! Toi aussi Solaria. Toi aussi tu m'as trahi. Avec lui... . Depuis longtemps tu m'étais promise...je t'aimais. Je voulais te demander en mariage juste après mon retour d'Elemsis. Lors de mon heure de gloire. Mais lorsque je suis revenu, tu étais dans les bras de Draken. Vous vous étiez mariés pendant que je me battais pour notre peuple. Tu m'as trahi alors que je me battais...pour toi.
_C'est donc pour ça. C'est pour cette raison que tu les as tous tués. Immondice! Draken te tuera.
_Draken me tuera? Lorsqu'il reviendra, tu seras morte et je serais loin... si jamais il revient.
_Tu ne me tueras pas, Jördmündgän. Pas si tu m'as aimée réellement.
_Je t'ai aimé Solaria. Mais j'aimais aussi le peuple Eldräs. Je lui ai tout donné... et lui m'a tout pris... jusqu'à toi... . A cause de Draken. Je veux juste que toi, au moins toi, tu comprennes la haine que je ressens. Et, maintenant je demande réparation. Il est trop tard pour revenir en arrière. Ce peuple est mort. Et toi, Solaria, ce soir, tu vas mourir avec lui.
_Tu as tort, Jördmündgän, il en reste un. Tu n’as pas tué Draken !
_HA ! Ha ! Ha ! Espèce d’idiote ! Tu n’as toujours pas compris. Je ne veux pas tuer Draken. Je veux lui retirer tout ce qu’il a. Lui enlever tout ce qui lui est cher…comme il me l’a enlevé à moi. Draken survivra, j’en suis sûr, mais dès qu’il reviendra ici, il comprendra ce que l’on ressent lorsque l’on n’a plus aucune raison de vivre. Ce sera alors à son tour de vivre ce que j’ai vécu ! Ce soir, il va perdre ce qu’il chérit le plus, son Empire…et toi !! »
Sans prévenir, il attaqua. Son katana argenté brillant sous le clair de lune, il se lança sur sa cible dans un tourbillon de cheveux blancs. Solaria, prise au dépourvu, eu juste le temps d’esquiver le coup en faisant un pas de côté. Résignée d’arriver à une telle extrémité qu’un combat à mort, elle fit apparaître dans sa main un arc lumineux. Alors qu’elle encochait trois flèches simultanément et d’un geste d’une vitesse inhumaine, son implacable ennemi l’attaquait déjà avec son sabre. Le coup frappa l’arc, qui lui échappa des mains. Elle entreprit alors d’utiliser sa magie de lumière. En une fraction de seconde, elle la concentra et la laissa filer sur son adversaire. Celui-ci fit de même avec une boule de feu. Les deux rafales d’énergie se rencontrèrent et se neutralisèrent dans une explosion de lumière flamboyante qui boucha la vue des deux combattants. Là, alors que Solaria attendait que la lumière et la fumée se dissipent, Jördmündgän traversa le nuage d’énergie et de poussière à toute vitesse, prenant sa victime par surprise. Son katana traversa alors la cape et les armures, transperçant le cœur de celle qu’il eut jadis appelé sa bien-aimée.

L’arme dégoulinante de sang en travers du corps, elle tomba à genoux, les yeux agrandis par la douleur. L’Eldräs aux cheveux blancs la regarda, un demi-sourire se dessinant au coin de ses lèvres, comme il en avait pris l’habitude.
« Tu ne me maudit pas, comme l’on fait ces trois autres imbéciles avant de mourir, Solaria ? Vas-y donc, exprime donc ton dernier souhait. Dit que tu me haïs. Maudit-moi... »
Contrôlant un peu son esprit embrumé par la douleur, Solaria prit une dernière inspiration.
« Non, Jördmündgän je ne te haïs pas et ne prononcerait pas de malédiction. Tout ce que tu m’inspires, c’est de la pitié, et je pense que le seul fait que tu existes tel que tu es est en soi une malédiction, la plus grande que l’on puisse t’infliger. Il m’est inutile d’en rajouter une autre. »
Son sourire transformé en grimace de haine, le traître, que l’on connaîtrait dorénavant sous le nom de l’Ennemi, retira son katana de la poitrine de l’Eldräs de Lumière du geste brusque. Solaria fut violemment jeté à terre.
Alors, l’Ennemi repartit en marchant et le feu s’étendit, laissant des tas de cendres noires à la place des forêts tandis que les montagnes étaient réduites à des blocs de pierre rougeoyants et les océans à des étendues de terre arides dévorées par les flammes d’une vengeance disproportionnée.

*

De son côté, Draken fuyait dans l’espace, se retournant de temps à autres. Au bout d’un certain temps, il fut certain que les Princes Blancs ne le suivraient plus. Résigné, il décida de rejoindre Elemsis pour annoncer sa défaite à son peuple. Réfléchissant aux possibilités qu’ils avaient de survivre, il approcha de la planète. Perdu dans ses pensées, il lui fallu un certain temps pou réaliser que quelque chose était anormal. Elemsis, même vue de loin, lui sembla différente. Il ne se rappelait pas l’avoir déjà vue aussi sombre. Il continua à s’en approcher, de plus en plus persuadé que son monde était anormalement coloré de rouge. Bientôt, il en fut certain. Inquiet, il accéléra l’allure, et pénétra rapidement dans l’atmosphère.
Alors, il y trouva ce qu’il craignait le plus de rencontrer. Un environnement mort, des paysages de désolation. Il se rendit à Eternia, et y découvrit ses ruines. L’unique bâtiment encore debout était la Tour Eternelle, seule au milieu d’un monde sans vie. Alors, il découvrit des corps. Des Eldräs. Morts. Il reconnut Garlord et son dragon-dräs. Et bien d’autres. Les gardes de son palais gisaient parmi les décombres de celui-ci. Il finit par découvrir des traces de sang, comme celles qu'une épée laisse couler derrière elle après avoir transpercé quelqu'un. Il les suivit. Elles menaient hors de la ville. Même là-bas dans les plaines, tout n'était que cendres. Des flammes dansaient au loin. Encore des corps d'Eldräs. Les traces de sang continuaient. Il découvrit alors une immense forme, inerte au sol. Il s'en approcha. C'était le dragon d’Emeraude de Kyn, baignant dans une mare de son propre sang. Celui-ci formait une flaque dont s'échappait une concentration de petites rivières pourpres. L'une d'elle s'éloignait, puis regagnait une mare similaire. C'était le dragon de Saphir de Kaïne, qui avait subi le même sort. A quelques mètres reposait le dragon de Rubis de Kesh, mort aussi. Un peu plus près des flammes, se dessinait un amas de formes indistinctes. Draken continua sa route. Elles se firent plus précises. C'était des corps. Trois exactement. Kesh, Kaïne et Kyn étaient morts, eux aussi, côte à côte, et une plaie béante se dessinait au niveau de leur torse, la trace laissée par la lame qui les avait transpercés. Puis, grâce à la lumière du feu ardent, il découvrit, quelques mètres devant seulement, une silhouette qu'il eu reconnu entre mille. Il accourut. Solaria gisait elle aussi au sol, les yeux clos.
« Solaria! Solaria! Parles-moi! Réveilles-toi! Non!! Ouvre les yeux! Dis-moi que tu es en vie! Dis-moi qui t'as fait ça. »
C'était inutile. Elle était morte. Draken le savait mais il ne voulait pas l'accepter. Il refusait d'y croire. Il baissa les yeux vers celle qu'il avait aimé et dont il tenait à présent le corps sans vie dans les bras. C'est ainsi qu'il remarqua la blessure qui l'avait tuée. Une lame. La même que pour Kyn et ses frères. Un sabre, plus précisément. Il réfléchit. Qui possédait un sabre? Il leva les yeux et observa les alentours. Une silhouette s'éloignait, marchant vers la fournaise emplissant la surface des plaines. Alors, au gré des flammes, il reconnut l'individu. C'était son frère. Son frère lui avait tout pris. Draken se leva, la dépouille de Solaria toujours dans les bras, écumant de rage. C'était trop tard, déjà la silhouette de l'Ennemi disparaissait dans le brasier. L'ancien empereur des Eldräs retomba à genoux. Il lâcha le corps de sa femme sans vie. Une larme perla sur sa joue.
Se relevant brusquement, une impressionnante quantité d'énergie noire se dégagea de son corps. Il hurla comme il n’avait jamais hurlé.
"JÖRDMÜNDGÄN!!!!"

Fin du prélude.
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[1]Dans la culture Eldräs, on compte en solstices. Un Anckel est donc l’équivalent de la moitié d’un cycle solaire.
[2]Un dickel est l’équivalent de dix anckels.
[3]Contrairement à la mythologie nordique, les Walkyries ne sont pas que des femmes. Les neufs Princes Blancs sont même tous de sexe masculin.

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